jeudi 30 décembre 2010

Quand les marins croisent le fer



Les Confédérés sont parmi les premiers à entrer dans l’ère des navires cuirassés. Ne disposant pas d’une marine développée pour forcer le blocus nordiste, ils décident de miser sur une arme nouvelle et puissante.




En juillet 1861, ils greffent sur l’épave du Merrimack des plaques de fer de cinq centimètres d’épaisseur. La superstructure est inclinée selon un angle de 36 degrés, pour augmenter la protection en faisant ricocher les projectiles ennemis. Le nouveau navire possède dix canons, quatre de chaque côté et deux pivotants à l’avant et à l’arrière, ainsi qu’un éperon de fer à sa proue, dans le but de transpercer les coques en bois des navires.


Le Merrimack rebaptisé Virginia possède néanmoins des défauts, qui n’ont pas pu être réglés avant sa mise à l’eau faute de temps et de moyens. Les machines ne sont pas améliorées. Sa vitesse maximale n’excède pas les 5 nœuds. De plus, il n’offre pas une bonne navigabilité. Cela l’empêche de se déplacer en haute mer. Par ailleurs, son tirant d’eau est important, ce qui limite les opérations en eau peu profonde. Il est commandé par le Capitaine Franklin Buchanan.




Le Virginia sème la terreur sur le littoral. Le 8 mars 1862, il détruit en quelques heures cinq frégates nordistes à l’embouchure de la James River à Hampton Roads. Même s’il a subi quelques avaries au niveau de certains canons et de l’éperon, aucun boulet ennemi n’a pu transpercer son blindage. Cette défaite inquiète le haut commandement nordiste. Hampton Roads est l’une des principales bases navales pour le blocus. Les navires présents risquent d’être détruits à tout moment.




Le lendemain, le Virginia aperçoit un étrange navire s’approcher. Il s’agit du Monitor, premier cuirassé de l’Union. Averti des projets confédérés, le Congrès vote le 3 aout 1861, les budgets pour financer la construction de prototype de cuirassé. L’ingénieur John Ericsson propose de couvrir la coque de plaques de fer de douze centimètres d’épaisseur. L’hélice et la machinerie sont elles aussi recouvertes de plaques. L’aspect général est celle d’un radeau, ce qui offre une faible prise à l’ennemi. Il est surmonté d’une tourelle tournante encastrée dans le blindage et équipée de deux canons de 275mm. Son tirant d’eau n’est que de trois mètres cinquante et sa vitesse s’élève jusqu’à huit nœuds. Ericsson baptise le navire le Monitor, ce qui signifie « celui qui corrige les mauvais sujets ». Il est mis à l’eau le 30 janvier 1862. Il est dirigé par le Lieutenant John Worden et comporte 53 hommes d’équipage.




Le cuirassé nordiste ouvre le feu à 8h25. Le bombardement dure deux heures. Les boulets n’ont que très peu d’impact sur les blindages. La stratégie se modifie. On songe désormais à éperonner son adversaire. Le Merrimac canonne la tourelle, dans laquellle se situe le poste de commandement. Le Lieutenant Worden est blessé aux yeux lors d’une explosion. C’est de justesse que le Monitor esquive l’attaque sudiste. Vers 12h30, le Merrimac quitte l’aire de combat sans n’avoir subi aucune avarie sérieuse et sans avoir pu causer d’important dégât à son adversaire.




Les deux cuirassés synonymes de terreur de part leur invincibilité, sont pourtant sous exploités. Les Etats-majors les engagent rarement, craignant de perdre cette pièce vitale et unique. Au début du mois de mai, l’armée de Mc Clellan envahit la péninsule virginienne et s’empare de la ville de Norfolk. L’équipage du Virginia n’ayant pu mettre leur navire à l’abri décide de le saborder. Le Monitor ne vivra guère plus longtemps. Pris dans une tempête, il sombre le 31 décembre.




Le Monitor et le Virginie sont les ancêtres des 80 cuirassés construits pendant la guerre de Sécession. Ils opèrent un changement radical dans la guerre maritime. Les voiliers de bois deviennent vulnérables et inefficaces dans les opérations militaires. Les Britanniques possédant la première marine du monde s’inquiète de ces avancées. Le Times écrit quelques jours après Hampton Roads : « Alors que nous avions à notre disposition immédiate en cas de guerre 149 navires, nous en avons désormais plus que deux. » Il s’agit notamment du Warrior précédant de deux ans ses homologues américains.

Olympias, mère d'Alexandre. Première partie


La jeune mère :

Il existe des femmes d’exception qui ont bouleversé l’Histoire. Olympias, mère du grand Alexandre, fait partie de cette classe de femmes qu’il faut ranger parmi les « mères ultra-aimantes ». Olympias est avide de pouvoir et de réussite, surtout pour son fils. Elle n’aura de cesse, toute sa vie, de mener des actions pour présider au destin héroïque de son fils.

Née probablement vers 375 av. , Olympias est la princesse du petit royaume d’Epire, voisin de la Macédoine en pleine expansion, et est reconnue dès son plus jeune âge comme une des plus belles femmes de son époque. Elle est une beauté qui montre très tôt des signes de sa précocité en matière sexuelle puisque, dès l’âge nubile atteint, elle s’adonne sans retenue aux orgies quotidiennes des cultes religieux les plus anciens et les plus mystérieux. En outre, elle voue un culte particulier à Dionysos, dieu de la vigne, du vin et de tous ses excès. Mais, Zeus reste le plus grand dieu, et ce n’est pas un hasard si elle devient vite une ambitieuse prêtresse du monarque de l’Olympe. Ne nous y trompons pas, Olympias n’est pas une débauchée, mais une femme qui voit le sexe comme un moyen d’atteindre les dieux (le septième ciel dirons-nous sans jeu de mot). Elle est emplie de religiosité.

C’est lors d’un rite religieux, sur l’île de Samothrace, qu’elle rencontre le beau et jeune Philippe de Macédoine qui ambitionne de dominer la Grèce et se faire reconnaître comme un vrai Grec. Ils tombent amoureux et Philippe l’épouse en 357. L’année suivante elle met au monde Alexandre. Malheureusement, l’arrivée du bébé sème le trouble dans le couple : Olympias affirme que c’est Zeus, et non Philippe, qui l’a mise enceinte, et de fait, Alexandre serait le fils de Zeus. La brouille entre les deux époux ne connaîtra qu’une trêve lors de brèves retrouvailles nostalgiques pendant lesquelles naît Cléopâtre, la sœur d’Alexandre.

Philippe ne s’intéressant pas à l’éducation de son fils, Olympias se comporte en mère aimante qui l’élève, choisie ses précepteurs et remplace l’absence du père par mille gestes d’affections. Elle va jusqu’à cacher des sucreries et d’autres douceurs pour son fils que chasse impitoyablement Léonidas, le précepteur du jeune prince. C’est elle, enfin, qui éveille Alexandre aux poèmes homériques qui influenceront tant le macédonien dans sa démarche de conquête du monde. Alexandre n’oubliera jamais cette période. Plus tard, pendant son expédition asiatique, il demandera à des prêtres de faire cataloguer sa mère parmi les déesses.

mardi 28 décembre 2010

2010 l'année de Neandertal.


Neandertal a-t-il été anéanti ou bien assimilé par l’homme moderne ? Telle est la question des archéologues et des paléontologues. 2010 a été une année riche en découvertes et en annonces qui ont laissé le monde scientifique pantois.


Jusqu’à présent, Neandertal (du nom de la vallée allemande du même nom), cet homme eurasiatique, qui avait vécu entre 250000 et 28000 av. notre ère, aux arcades sourcilières prononcés, avait tout de l’homme primitif. Sa découverte au milieu du XIXe siècle rebute les scientifiques du fait de son anatomie plus épaisse que la notre. Le paléontologue français Marcellin Boulle en fait une description erronée qui restera pendant longtemps attaché à ce qu’il considérait comme une « sous-espèce ». En effet, Neandertal était alors considéré comme un chasseur, mangeur de viande, une brute occupant des grottes et qui n’avait pas survécu à l’arrivée de l’homme moderne, l’Homo Sapiens, c’est à dire nous. Plus intelligent, l’homme moderne qui avait quitté l’Afrique vers 40000 av. notre ère aurait exterminé Neandertal.


Tout semble avoir changé aujourd’hui. D’un point de vue social d’abord, ont à découvert depuis les années 1960 que Neandertal était également intelligent, qu’il avait l’usage de la parole et qu’il se paraissait d’artifices, de parures ou de maquillage. Il cuisait sa nourriture et mangeait aussi des végétaux et des graines (découvertes récentes en Belgique et en Irak). Il avait également conscience de la mort: Neandertal est le premier homme à généraliser l’usage de la sépulture, preuve qu’il réfléchissait à l’au-delà.


Mais alors comment a-t-il disparu ? Épidémie ? Bouleversement climatique ? Extermination ? Toutes les hypothèses ont été avancées. L’archéologie, encore une fois aidée de son fidèle allié la génétique, allait émettre une hypothèse nouvelle et bouleversante. En 1998, une sépulture d’un jeune garçon dont le squelette montre des similitudes à la fois néandertaliennes et modernes est découverte au Portugal. D’autres découvertes en Roumanie montrent les mêmes similitudes. Un vif débat oppose ceux qui font l’hypothèse d’une assimilation et ceux de la supplantation.


En 2010, le séquençage partiel de l'ADN nucléaire néandertalien démontrerait un métissage ancien entre les hommes de Neandertal et les humains anatomiquement modernes. En d’autres termes, Sapiens et Neandertal se sont accouplés et de ce fait se sont assimilés, donnant naissance à une incroyable hétérogénéité en Europe et en Asie. Ainsi, l’homme eurasiatique – pas africain - possède en lui un patrimoine génétique de 1 à 4% néandertalien.


Des recherches sont toujours en cours mais jusqu’aux prochaines découvertes et hypothèses nous avons tous quelques choses en nous de néandertalien !

vendredi 24 décembre 2010

La peinture du XVIIe entre baroque flamand et classicisme français



L’école flamande de peinture date de la fin du XIVe siècle. Les pionniers sont les frères Van Eyck. L’un des deux Jean, abandonne les formes typiques de l’école allemande, pour privilégier la nature, qui devient le cadre de toutes les scènes. Aux figures isolées et symétriques, Jean de Bruges préfère les mouvements, au fond d’or, les perspectives du monde visible.





Au XVIe siècle, l’école romaine prend une ampleur considérable. Le gout nouveau pour l’Antiquité et les guerres d’Italie contribuent à diffuser dans toute l’Europe les canons esthétiques italiens. Le voyage dans la péninsule italique devient obligatoire pour les artistes. L’école flamande perd de son originalité en recopiant les modèles italiens. Il faut attendre l’arrivée de Rubens pour que l’école flamande retrouve tout son éclat. Secondé par un atelier important, il produit un très grand nombre d’œuvre, dans des genres variés. Il permet la diffusion de l’art flamand à l’échelle européenne.
La foire de Saint Germain des Prés est un lieu de diffusion de la peinture flamande. La moitié de la production d’Anvers se retrouve à Paris. Les artistes et commanditaires français prennent gout. Ainsi sous le règne d’Henri IV et la régence de nombreux artistes flamands, tels Rubens ou Frans Snyders reçoivent des commandes émanant parfois du pouvoir royal. Ils excellent dans les portraits, les paysages, la peinture historique et les scènes animalières. La peinture religieuse est moins présente. Il faut l’influence des Provinces Unies devenues protestantes. Obligés de se mettre au gout du jour, les artistes français adoptent le style flamand.



Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, la peinture française se détache du modèle flamand et érige son propre modèle, sous l’impulsion de Nicolas Poussin. Ils s’inspirent des modèles italiens, qui recherchent la perfection et la beauté à travers des sujets nobles tirés de l’Antiquité grecque et romaine. Les peintres français cherchent à faire triompher la raison sur les désordres de la passion. La composition et les dessins priment sur la couleur ou le ressentiment. L’œuvre picturale, si elle peut régaler la vision, doit surtout conduire à une réflexion ou à une méditation morale et poétique. Ce modèle rencontre la consécration lorsqu’en 1648, l’Académie royale de peinture et de sculpture récemment fondée, le préconise. Nicolas Poussin, devenu premier peintre du roi, forme en autre Charles Le Brun qui travaillera à Versailles.



A la fin du XVIIe siècle, l’école flamande décline. En effet, les Pays-Bas (actuelle Belgique) sont parcourus par les guerres menées par Louis XIV contre l’Espagne et les Provinces Unies. De nombreux artistes quittent leurs pays pour se réfugier à Paris, Rome ou Amsterdam. Un renversement s’opère à l’échelle européenne. Dorénavant, la France dicte ses modèles. Le classicisme français constitue une école riche en talents, soutenus par une institution, qui est elle-même soutenue par le pouvoir. Les flamands travaillant sur les chantiers royaux, s’imprègnent des nouvelles tendances et techniques développées à Paris.
La peinture française du XVIIe siècle, après s’être imprégnée de l’école italienne et flamande, est parvenue à se détacher et à imposer son propre style influençant les autres.

vendredi 17 décembre 2010

La préhistoire de l'US Air Force

Dans son ouvrage L’Ile mystérieuse, Jules Verne raconte la fuite de cinq citoyens de Richmond face à l’avancée des troupes de l’Union, à bord d’un ballon. Cette intrigue démontre l’emploi de l’invention des frères Montgolfier à des fins militaires lors de la Guerre de Sécession.


L’histoire de l’aéronautique étatsunienne comporte deux personnalités majeures.
Tout d’abord, l’ingénieur Thaddeus Lowe de Caroline du Sud. Ce dernier effectue des vols en ballon depuis Unionville. En 1861, il propose ses services au gouvernement confédéré, qui ne l’écoute pas.
A l’inverse, Salmon Chase, secrétaire d’Etat à Washington, comprend tout l’intérêt qu’il peut tirer des travaux de Lowe. Il s’empresse d’organiser une entrevue avec le président Lincoln. Lowe se rend au capitole le 11 juin en emportant son aéronef L’Entreprise. Le Président l’écoute d’une oreille attentive, fasciné qu’il est par les technologies nouvelles. Durant cette entrevue, Lowe dévoile sa vision sur l’usage militaire des ballons d’observation. Il fait une démonstration à bord de son ballon. L’altitude du ballon est ajustée par la tension d’un filin enroulé sur un treuil mécanique ancré à la terre ferme. Parvenu à 150 mètres, Lowe envoie un message à la Maison Blanche par le télégraphe de bord, qui est branché à un câble électrique déroulé. Convaincu, Lincoln lui confie le commandement du Balloon Corps, une organisation civile sous les auspices du Bureau Fédéral des Ingénieurs Typographes.

L’autre personnalité est également un ingénieur prénommé John LaMountain, à bord de son ballon, nommé L’Atlantic. Avant la guerre de Sécession, il a parcouru la distance Boston à Fort Wayne dans l’Illinois en 24 heures. Le lendemain, son ballon est pris dans une tempête près du lac Ontario et s’écrase près de Henderson, dans l’Etat de New York. En dépit, d’une fin tragique, le périple aérien de plus de 1.300 kilomètres, lui permet d’établir le record officiel mondial de vol ininterrompu. Ce dernier ne sera battu qu’en 1910.
En mai 1861, LaMountain contacte le ministre de la guerre James Cameron. Il lui fait part de son intention d’utiliser un ballon, afin d’observer du haut des airs les dispositions des troupes confédérées. Il demande à être le responsable des opérations aéronautiques fédérales. Comme son homologue sudiste, il ne reçoit aucune réponse.
Le 5 juin, il reçoit une lettre du général Benjamin Butler, commandant les troupes de l’Union à Fort Monroe en Virginie. Arrivé sur place, il fait une démonstration, couverte par le New York Times. Il s’empresse de revendiquer le titre de premier vol militaire en ballon.
LaMountain se met à travailler sur la possibilité d’une station d’observation mobile, mais il ne disposait pas des fonds de Lowe, soutenu par le gouvernement. La tension grimpe entre les deux hommes, via la presse. Le 19 février 1862, LaMountain est congédié de l’armée par McCellan, le commandant en chef suprême des troupes de l’Union, laissant le champ libre à Lowe.

Il reste un problème à l’emploi des ballons, celui du transport des gaz nécessaires au gonflement des ballons. Il est réglé avec l’invention du générateur de gaz de campagne. Le modèle conçu par Lowe, consiste en un chariot citerne, rempli d’eau et de copaux de fer dans lequel on ajoute au moment voulu, l’acide sulfurique transporté séparément. La réaction génère de l’hydrogène gazeux. Il faut compter 3 heures pour gonfler le ballon.
Les montgolfiers ont rapidement démontré leur efficacité, pour prévenir le mouvement des troupes ennemies. Le 24 septembre à la bataille d’Arlington. Sans voir leurs opposants, les batteries fédérales ouvrent le feu en suivant les instructions données par le ballon. Pendant deux ans, Lowe et ses ingénieurs effectuent plus de 3.000 missions. Ils transmettent aux troupes nordistes des photographies et des rapports tactiques. Ils sont souvent accompagnés par des officiers du renseignement qui dessinent des cartes.
Suite aux changements dans l’Etat Major, et aux coupes budgétaires, Lowe ne peut continuer à mener à bien ses missions. Il démissionne le 8 mai 1863 et au mois d’aout, le corps est dissout.

Les Confédérés tentent de détruire ces postes d’observation volant, mais la hausse de leurs cannons ne permettent pas de les atteindre. L’Etat-major sudiste décident l’envoi d’espions, pour infiltrer et détruire de l’intérieur le Balloon Coprs, mais sans succès.
Parallèlement, ils mettent sur pied leurs propres ballons. L’initiative en revient au capitaine John Bryan. Sans compétences approfondies en aéronautique et doté d’un ballon gonflé à l’air chaud, faute de machine productrice de gaz, il s’envole pour la première fois le 13 avril 1862. Cependant, la Confédération n’a pas les moyens de construire beaucoup de ballon.


C’est donc le Nord qui tire avantage des cieux lors de la Guerre de Sécession. Néanmoins, cette nouvelle arme, est bien peu utilisée. Les généraux des deux camps, ne prêtent que peu d’intention aux ingénieurs aéronautiques, qu’ils prennent pour des farfelus. De plus, les techniques de combat enseignées à West Point ne permettent pas encore de penser le combat par les cieux.

mercredi 15 décembre 2010

Henri IV, un roi qui vient de retrouver sa tête.


Des scientifiques ont authentifié la tête de notre bon roi roi Henri IV (1553 – 1610), retrouvée après plusieurs siècles de pérégrinations rocambolesques chez un retraité en 2008. La tête de l’investigateur de l’Edit de Nantes (1598) et de la poule au pot, est dans un état de conservation remarquable pour son ancienneté et comporte des cheveux et des restes de barbe.


Décrite comme légèrement brunie, avec les yeux à demi clos et la bouche ouverte, la tête porte plusieurs signes distinctifs : Une petite tache sombre de 11 mm de long juste au-dessus de la narine droite, un trou attestant du port d'une boucle d'oreille dans le lobe droit, comme c'était la mode à la cour des Valois, et une lésion osseuse au-dessus de la lèvre supérieure gauche, trace d'une estafilade faite au roi par Jean Châtel lors d'une tentative de meurtre le 27 décembre 1594.

L'étude a été réalisée par dix-neuf scientifiques rassemblés autour du docteur Philippe Charlier, médecin légiste de Garches baptisé « l’Indiana Jones des cimetières", connu pour avoir révélé l'empoisonnement au mercure d’Agnès Sorel, favorite de Charles VII, et démontré que les restes conservés au château de Chinon n'étaient pas ceux de Jeanne d’Arc.

Assassiné par Ravaillac, un fanatique catholique, le 14 mai 1610, Henri IV a été enterré à la basilique Saint-Denis le 1er juillet avec tous les autres rois de France. Mais son cercueil a été ouvert en 1793 par les révolutionnaires. Le corps a ensuite été exposé à la foule (une anecdote raconte que le corps était en si bon état qu’une vieille personne, jalouse de l’état du cadavre – mieux conservé qu’elle – l’aurait giflé) puis jeté dans une fosse commune avec les autres. C'est à ce moment-là, vraisemblablement, que la tête en a été séparée. Aucun document ne dit qui l'a prise. Après la Révolution, des morceaux de dépouilles royales sont réapparus chez des particuliers.

dimanche 12 décembre 2010

Prisonnier de guerre



En 1861, les dirigeants tant nordistes que sudistes, sont convaincus que la guerre sera de courte durée. Ce n’est pas le cas et rapidement le nombre de prisonniers croit. Les deux armées doivent faire face à une situation imprévue. Les prisons d’Etat et les forts abandonnés ne suffisent plus. Des camps de prisonniers sont construits à la hâte. Dans les premières années de la guerre, l’échange des prisonniers est de mise. Ceci engendre des temps de détention assez court. Néanmoins, à partir de l’enrôlement des Noirs dans les armées du Nord, cette pratique cesse. De ce fait, de nombreux prisonniers doivent être gardés pour toute la durée du conflit, engendrant le développement des camps de prisonniers.

Le plus tristement célèbre de ces camps, demeure celui d’Andersonville établie en Géorgie par les Sudistes.
Créé en février 1864, le camp d’Andersonville est prévu pour accueillir un maximum de 10.000 prisonniers, sur une surface de 8 hectares. Six mois plus tard, il en compte plus de 33.000 enfermés et sa surface est doublée. Le camp est bâti sur un sol marécageux et dépourvu de toute zone d’ombre. Durant certaines semaines de l’été 1864, plus de cent prisonniers meurent par jour, pour cause de déshydratation et d’insolation. Les prisonniers ne possèdent aucun abri et doivent en fabriquer eux mêmes avec leurs propres moyens. Pour ce faire, ils ramassent des bouts de bois, des toits de tente, couvertures et divers bout de tissu. Le camp est entouré d’une vaste palissade et d’une clôture de barbelés. Entre les deux, se situe une zone appelée la limite. Chaque prisonnier découvert à cet endroit est abattue sans sommation par les sentinelles.
Les prisonniers sont sous alimentés. Le ravitaillement ne suit pas et arrive toujours en quantité insuffisante. A cela s’ajoute la qualité médiocre de la nourriture, faute de combustible et de batterie de cuisine en bon état. L’approvisionnement en eau potable devient pollué et insuffisant à cause de la surpopulation. Les maladies sévissent, notamment la dysenterie et tuent des centaines prisonniers. Leurs corps sont enterrés dans des fosses. De plus, ils ne reçoivent aucun soin médicaux, aucun équipement. Enfin, ils doivent également faire face à leurs congénères. Un groupe surnommés les voleurs s’attaquent aux autres prisonniers, afin de leur soutirer de la nourriture et des vêtements. Ces bandes parviennent parfois à prendre des armes. Au total, 25% des prisonniers d’Andersonville n’en sont pas revenus vivants.

Dans le Nord, l’opinion percevait Andersonville comme un coup monté pour assassiner les prisonniers. Le camp est le symbole de la barbarie sudiste et renforce la conviction du Nord, de se battre pour la liberté. Après la guerre, une commission militaire de l’Union se réunit. L’officier dirigeant le camp, le capitaine Henry Wirz est reconnu coupable de « meurtres en violation des lois et coutumes de la guerre » et exécuté le 10 novembre 1865. Il est le seul condamné de la Guerre de Sécession, pour crime de guerre. Durant le conflit, le gouvernement confédéré rejette la faute sur le gouvernement fédéral ayant mis un terme en refusant de renégocier les conditions d’échange. Le Nord n’est pas non plus en dehors de toute critique, mais les conditions de vie sont un peu moins atroces que dans le Sud. Le camp d’Elmira New York considéré comme l’équivalent d’Andersonville dans le Nord, dispose de baraquements pour loger les prisonniers dans une superficie plus grande. Néanmoins, il convient de préciser que la situation économique du Sud à partir de 1864 est désastreuse et que le gouvernement confédéré peine déjà à ravitailler ses propres soldats, ainsi que la population. Aujourd’hui, l’emplacement du camp d’Andersonville accueille un musée dédié aux prisonniers de guerre.

jeudi 9 décembre 2010

Memnon de Rhodes, celui qui défia Alexandre le Grand. Cinquième et dernière partie

La citadelle d’Halicarnasse résiste. Le temps devient trop long pour le conquérant macédonien. Alexandre décide donc d’abandonner son acharnement contre les dernières forces du général Memnon, qui, depuis les hautes tours de la citadelle, scrute à longueur de journée l’horizon espérant voir apparaître les renforts tant espérés. Alexandre décide de laisser une petite garnison de soldats aux ordres de la reine Ada, femme déchue du trône d’Halicarnasse peu de temps avant le conflit entre son royaume et Alexandre. Elle avait apporté son aide au jeune macédonien, prêtant allégeance à sa souveraineté si celui-ci la remettait sur le trône.


Memnon voit bien l’armée macédonienne plier bagage et s’en aller au loin vers d’autres conquêtes. Le grec y voit l’instant tant attendu… pour fuir de la citadelle. A la faveur de la nuit il trompe ses ennemis en embarquant avec le reste de ses troupes et prend le large. Après quelques jours de navigation il croise d’autres navires perses – ces derniers sont alors maître des mers - et reprend espoir. Sa contre-attaque va enfin prendre forme.


« Inutile de rejoindre le front ! Nous devons couper Alexandre de sa base : la Grèce ! Notre flotte est assez puissante pour neutraliser tous les renforts qui traverseront l’Hellespont. Athènes n’attend qu’une faiblesse pour se révolter et frapper contre la Macédoine. Laissons la division des cités grecques anéantir les ambitions d’Alexandre ! Je mènerai personnellement nos troupes en mer Egée où nous soumettrons toutes les îles. »


Memnon, intelligemment, profite de la faiblesse de la marine macédonienne pour prendre le contrôle des mers. En moins d’un an, les îles de la mer Egée tombent toutes entre ses mains.


Alexandre suit avec attention les manœuvres de Memnon et enrage de ne pas avoir pu éliminer son ennemi au Granique et à Halicarnasse. Lui-même est à la veille d’une terrible bataille face à Darius et la réussite de Memnon sape le moral des troupes qui se sentent prises au piège, « enfermées » en Asie, sans moyen de retour.


Il était écrit qu’Alexandre ne serait jamais vaincu par un homme. En 333, il n’est qu’aux prémisses de sa gloire. Aussi, lorsqu’on lui apprend que Memnon a succombé à une maladie sur l’île de Mytilène, Alexandre comprend que désormais rien ni personne ne pourra plus l’arrêté. La bataille d’Issos, immortalisée par la célèbre mosaïque de Pompéi, affirme la puissance d’un homme de 23 ans que l’on compare déjà à un dieu. Vainqueur de Darius et de bien d’autres rois, Alexandre trahira une coutume antique répandu : jamais il ne s’appropriera l’épouse du vaincu… pourtant dans le courant de cette même année 333, il épousera sa première femme : Barsine, la veuve de Memnon, celui qui défia Alexandre le Grand.

mardi 7 décembre 2010

Ode à Versailles.

Quelques kilomètres, à peine, sépare Paris, si souvent insurgée, du plus célèbre des châteaux royaux : Versailles. Sous Louis XIII, ce n’était qu’un modeste pavillon de chasse, mais depuis 1661, s’élève un palais sans pareil, voué à la gloire du plus puissant monarque de ce temps : Louis XIV, le roi soleil. Les plus grands artistes de l’époque, 36000 ouvriers et 6000 chevaux, participèrent à cette œuvre gigantesque. Le roi, lui-même, ne cessant de dicter ses choix et de veiller à l’évolution des travaux. Dans son enfance, le prince avait dû fuir Paris une nuit de janvier 1649 avec sa mère Anne d’Autriche : c’était l’époque de la Fronde. Sans doute, voulu-t-il affirmer à Versailles, sa méfiance de la grande ville et sa volonté de toute puissance. Ce faste devait servir et illustrer sa grandeur.


Louis XIV s’installa définitivement à Versailles en 1682 qui devint un lieu brillant et futile où les courtisans se pressaient à la recherche d’une faveur royale. Mais c’était aussi le symbole d’un pouvoir écrasant et splendide d’où repartaient émerveillés les diplomates et les ambassadeurs étrangers reçues en audience qui propageaient chez eux les échos de cette gloire.


Les pièces de Molière, Boileau, Racine et les ballets de Lully – lesquels sont tous pensionnés par le roi – se jouaient au château. Paris était éclipsée.


Dans les jardins à la française, tracés par André Le Nôtre, les proportions sont parfaites. La technique est au service de l’élégance car il les dessinait selon les lois même de l’optique. Sculptures et jeux d’eau témoignent encore de l’âge d’or de l’art Classique.


Deux autres souverains vivront à Versailles, mais c’est dans ces lieux même exaltant la monarchie absolue divine et « éternelle » que se tiendront en mai 1789 les Etats Généraux, premier frémissement de la Révolution.

samedi 4 décembre 2010

Combat naval à Cherbourg

La Guerre de Sécession n’a pas touché que les Etats-Unis. Elle s’est étendue aussi au Canada, au Mexique, ainsi qu’à l’Europe. Il ne s’agit pas seulement d’économie ou de diplomatie, mais aussi de véritables combats. Ainsi, les côtes françaises et plus particulièrement celles de Cherbourg demeurent l’un des théâtres militaires de la Guerre de Sécession. Le 19 juin 1864, deux sloops de guerre, c'est-à-dire des navires plus petits que des frégates et armés de dix huit canons, s’y affrontent.


Une semaine auparavant le navire confédéré l’Alabama accoste dans le port, afin de réparer d’importantes avaries et se ravitailler en charbon et en eau. Il s’agit d’un navire corsaire dirigé par le capitaine Raphael Semmes, dont la mission est de couler les navires de commerce des Etats du Nord et s’attaquant également aux embarcations militaires. Il aurait envoyé par le fond plus d’une soixantaine de navires en deux ans, dans l’Atlantique et l’Océan Indien. Semmes et son navire sont activement recherchés par la marine de l’Union.
Le 17 juin, le navire unioniste le Kearsage dirigé par le commandant John Winslow, venu l’intercepter, prend position à l’entrée du port. Les deux capitaines se connaissent bien, puisqu’ils ont servi sur le même navire, durant la Guerre du Mexique. N’ayant pas fini de réparer ses avaries, l’Alabama se retrouve coincé à Cherbourg. Semmes ne souhaitant pas abandonner son navire, comme il avait déjà dû le faire avec le Sumter à Gibraltar, décide de forcer le blocus. Cependant, Semmes ignore que Winslow a renforcé sa coque avec des plaques de métal.

Le 19 juin, à 9h45, l’Alabama quitte le port français devant la foule massée sur les quais pour assister au combat. Il est escorté par le croiseur français La Couronne. Celui ci doit le guider jusqu’à la limite des eaux territoriales. A 11h10 sur une mer calme et par beau temps, l’Alabama et le Kearsage ouvrent le feu. La première bordée nordiste fait des dégâts, endommageant la machinerie et le gouvernail de l’Alabama. Néanmoins, ce dernier riposte, mais ses artilleurs et sa poudre ne sont pas d’aussi bonne qualité que celle de son adversaire. Pendant une heure, les deux navires tournent l’un autour de l’autre cherchant à percer le point faible de l’adversaire. Le commandant Winslow ne souhaite pas que l’Alabama s’échappe une nouvelle fois. Il ordonne de mettre le cap sur son ennemi. Séparés de quelques centaines de mètres, les deux navires ouvrent le feu à bout portant. Démantelé, percé de toute part, ayant perdu plus d’une vingtaine d’hommes, l’Alabama commence à couler. Son capitaine hisse le drapeau blanc. Une partie de l’équipage ainsi que Semmes et ses officiers sont récupérés par un navire britannique, tandis que le peintre Edouard Manet immortalise ce duel.
Ainsi le commandant John Winslow peut enfin écrire dans son journal de bord :

«Aujourd’hui, 19 juin de l’année 1864, ai coulé l’Alabama au large des côtes françaises. »


Semmes rentre aux Etats-Unis, reçoit le grade de vice amiral et continue de combattre sous l’uniforme confédéré. Après la guerre, il est jugé coupable d’acte de piraterie et emprisonné un an.
L’épave de l’Alabama est retrouvée en 1984 et demeure la propriété des Etats-Unis d’Amérique. Un comité scientifique est créé avec la France pour l’exploration archéologique. La cloche du navire, des canons, de la vaisselle, des meubles et divers objets sont remontés à la surface.

vendredi 3 décembre 2010

La véritable tour de Babel: un mythe biblique ou une réalité archéologique ? Dernière partie

Le mélange des langues : une invention mésopotamienne ?

Comme nous le disions, bien des récits mésopotamiens se retrouvent dans le texte biblique. La grande particularité des grandes civilisations du Tigre et de l’Euphrate a été de compiler très tôt, par écrit, dans des bibliothèques, les récits et les mythes qui remontaient, pour la plupart, aux temps où les hommes de cette région se transmettaient leur histoire par oral. Transcrites sur des tablettes d’argiles à l’aide des écritures dîtes cunéiformes, ces histoires se sont conservées, et depuis les premières fouilles jusqu’à nos jours, les archéologues en ont dégagé des centaines de milliers. Bien que nous soyons en mesure de les traduire, beaucoup restent encore cachées dans les sols archéologiques et dans les réserves des musées du monde entier. Certaines de ces tablettes sont plus ou moins bien conservées, et il est fréquent qu’il ne subsiste que des fragments de texte à déchiffrer.


Ainsi les épigraphistes ont-ils eu la surprise de découvrir un texte où il fait mention du dieu Enki, dieu qui façonna l’image de l’homme puis le créa, dispersant, de manière tout à fait analogue à Yahvé, les hommes sur la terre. Enki voulut ainsi briser la recherche de démesures de l’humanité qui courait irrémédiablement vers une nouvelle perte, Enlil, le dieu des dieux chez les sumériens, pouvant à tout moment décider de la destruction des hommes : « Enki modifia les langues dans leurs bouches. Jusqu’à ce qu’il les y eût placées (les langues étrangères), la langue de l’humanité était une. » .


Qu’en déduire ?

Si la tour de Babel n’est pas la tour ziggurat du dieu Marduk étymologiquement parlant, celle-ci l’est véritablement par l’idée - inconcevable pour les juifs - que l’édifice avait pour fonction d’atteindre le monde divin. La ziggurat de Marduk était le centre de toutes les attentions et charmait les voyageurs de toutes cultures. A Babylone, et plus particulièrement autour de ce centre religieux qui gérait des offices religieux, artisanaux et commerciaux, les juifs ont été marqués par cette multitude de cultures et de langues qui convergeait, telle un seul être, vers ce sanctuaire sacré où on s’enquérait de la bienveillance de Marduk. Certains juifs ont pu également retrouver en la toute puissance de ce dieu et dans ce monothéisme latent l’image de Yahvé. Enfin, c’est également à Babylone que l’écriture de la Bible a pris un tournant décisif : les lettrés juifs imprégnés de culture mésopotamienne écrivirent le texte saint en empruntant des mythes et des coutumes babyloniennes, tout en les adaptant à leur propre perception de leur religion et de leur culture.


Sources bibliques.

Tout le monde se servait d’une même langue et des mêmes mots. Comme les hommes se déplaçaient à l’Orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Shinéar et ils s’y établirent. Ils se dirent l’un à l’autre : « Allons ! faisons des briques et cuisons-les au feu ! ». La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. Ils dirent : Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas tous dispersés sur toute la terre ! ».

Or Yahvé descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties. Et Yahvé dit : « Voici que tous font un seul peuple et parle une seule langue, et tel est le début de leurs entreprises ! Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour eux. Allons ! Descendons ! Et là, confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres. » Yahvé les dispersa de là sur toute la face de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville. Aussi la nomma-t-on Babel, car c’est là que Yahvé confondit le langage de tous les habitants de la terre et c’est de là qu’il les dispersa sur la face de la terre.

Genèse, XI, 1-9

dimanche 28 novembre 2010

La véritable tour de Babel: un mythe biblique ou une réalité archéologique ? Seconde partie

Aujourd'hui nous poursuivons notre enquête ("Historia" en grec) avec l'entremêlement du mythe biblique avec les données archéologiques et historiques en notre possession.

Lorsque le mythe et la réalité se croisent.

La grande ziggurat de Babylone avait pour nom l’Etemenanki, littéralement « la maison, fondement du ciel et de la terre ». Elle est aujourd’hui considérée comme le cadre biblique de la très fameuse tour de Babel. Comme son nom l’indiquait, l’Etemenanki était un lien entre le monde divin et humain. Cette passerelle, à l’échelle d’un dieu, servait à faciliter la descente de Marduk auprès des hommes et vice versa. L’apogée de ce dieu suprême se situait autour des règnes de Nabopolassar et de Nabuchodonosor II, et atteignit un tel degré d’adoration que la religion, en ces temps-là, eut certaines tendances monothéistes. Si ce particularisme de religion ne s’implanta finalement pas, il laissa quelques traces conceptuelles que l’on retrouva par la suite dans le culte de Mithra en Asie Mineure et à Rome, ou bien dans les religions zoroastriennes. Les juifs déportés à Babylone, après la chute de Jérusalem en 597 et la destruction du temple de Yahvé, ont été si fortement inspirés par l’adoration de ce dieu que la théologie hébraïque ainsi que l’écriture même de la Bible en ont été fortement marquées.


Comment l’Etemenanki est devenu la tour de Babel.

Beaucoup de passages de la Bible ont été écrits à Babylone. Soucieux de ne pas perdre leur fondement idéologique, religieux et culturel, les juifs lettrés ont rassemblé ce qui se transmettait le plus souvent par voix orale pour le retranscrire, à l’image des civilisations mésopotamiennes qui, depuis Sumer, compilaient par écrit et archivaient toutes sortes d’œuvres ou de traités (scientifiques et judiciaires). Les écritures de certains passages, comme ceux du Déluge et la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent), sont imprégnées de mythes et de faits historiques mésopotamiens. Ainsi on peut donc dire que Babylone et ses mythes ont servi de modèles littéraires aux écrits de L'Ancien Testament.


Une fois entrées dans Babylone, les populations juives déportées ont été, comme bien d’autres, impressionnées par cette tour cultuelle qui s’élevait majestueusement et tutoyait le ciel. Tout en haut de la ziggurat se trouvait un temple haut, bâti en briques émaillées de bleu, qui scintillaient en reflétant la lumière du soleil, omniprésent dans cette région du globe.


Mais Babylone était aussi et avant tout la capitale d’un grand empire aux dimensions gigantesques. La ville grouillait d’activités et de bruits. Ainsi, se mêlaient voyageurs, marchands et prisonniers qui venaient de tout l’empire et des royaumes voisins. Babylone était le centre où se rencontraient toutes les cultures antiques. L’idée de mélange du langage que l’on retrouve dans l’épisode biblique a pris racine aux pieds de cette tour ziggurat, qui voyait une explosion culturelle et linguistique au cœur de la métropole de Nabuchodonosor II.


Il faut voir dans l’étymologie du nom de la cité de Babylone l’idée de recherche, qu’avaient les babyloniens et plus généralement les civilisations mésopotamiennes, pour atteindre leurs dieux. Le nom de Babylone vient de l’akkadien Bab-ilim qui, lui même, vient du sumérien Kà-dingir-ra et signifient tous deux « Porte du Dieu ». Babylone, telle qu’on l’a nomme aujourd’hui encore, nous provient du grec qui avait traduit le nom akkadien en Babylon. Le nom de Babel, lui, ne vient pas du nom de la cité, mais provient de l’hébreu bâlal qui signifie « confondre », « brouiller ». La tour de Babel symbolisait selon la Bible la vanité et l’arrogance du premier héros Nemrod ainsi que celle des hommes dans son ensemble. Avant la construction de la tour, les hommes parlaient tous la même langue, la même que celle que Dieu avait utilisé pour s’adresser à Adam et Eve. La tour avait pour but insolent pour le texte sacré, à l’instar de la ziggurat, d’atteindre les cieux et ainsi de s’affirmer à l’égal de Dieu lui-même. Nous connaissons tous la fin de cet épisode où Dieu confondit les langues pour mettre fin à leur entreprise démesurée en répandant les hommes sur la terre. Aussi, comme le dit pratiquement en ces termes le texte biblique, on appela cette tour Babel (Bâlal) car c’était là que Dieu confondit les langues.



samedi 27 novembre 2010

La véritable tour de Babel: un mythe biblique ou une réalité archéologique. Première partie


Notre article sur "la tour de Babel" découverte à Mari étant un des plus visité, il était de bon ton de parler de la plus célèbre des ziggourats de Mésopotamie, à savoir celle qui, selon la Bible, a répandu le trouble et le désordre dans la société humaine!


La construction de la tour de Babel est un des épisodes les plus marquants de la Genèse. Là, Dieu confondit le langage des hommes et les dispersa aux quatre coins de la terre. L’histoire de la tour de Babel fait encore débat entre historiens, archéologues et théologiens. Née de l’imagination des populations juives déportées dans la grande Babylone à partir d’un énorme édifice ayant réellement existé, quelle a été la véritable image de la tour de Babel?


L’histoire d’une tour bien réelle.

La tour de Babel, telle qu’elle est nommée dans la Genèse, était en fait un édifice emblématique de la civilisation mésopotamienne, à savoir une ziggourat. A Babylone, cette ziggourat était vouée au culte du dieu Marduk. Construite en étages, l’édifice était fait de briques crues (séchées au soleil) recouvert d’un parement en briques cuites plus résistantes aux aléas du temps. La ziggourat trouve ses origines en Mésopotamie pendant la période des rois de la Troisième Dynasties d’Ur (plus communément appelée Ur III) entre le règne du roi Ur-Nammu vers 2112 av. notre ère et la destruction de cette empire vers 2004. Édifice cultuel, la ziggourat marquait l’orgueil et la puissance d’une cité et de son dieu poliade.


Babylone est une cité que l’on mentionne pour la toute première fois dans les écrits des tablettes du milieu du IIIe millénaire mais qui ne devient réellement une puissance dominatrice que sous le règne du puissant conquérant et législateur Hammurabi (1792-1750). Marduk devenait ainsi le dieu le plus haut dans la hiérarchie du panthéon mésopotamien dès lors que sa ville dominait toute la Mésopotamie. Le sanctuaire du dieu à Babylone date probablement de cette période, car l’archéologie a révélé que le souverain avait été l’investigateur de plusieurs chantiers colossaux, comme des constructions de ziggourats, dont on retrouve des traces dans certaines cités, à Kish notamment, appartenant à son grand empire. Il faudra attendre le règne plus tardif, mais au combien tout aussi riche, du roi Nabuchodonosor II (vers 630-562 av. notre ère) pour que la ziggourat de la ville atteigne ses lettres de noblesses et qu’elle ne passe à la postérité par les écrits bibliques.


Archéologie de la ziggourat de Babylone.

Lorsque les premières fouilles furent menées par une mission allemande, celle de Robert Koldewey sur le site supposé de Babylone au début du XXe siècle, les archéologues espéraient découvrir de grandes richesses enfouies et plus particulièrement les jardins suspendus, une des sept merveilles du monde antique, ainsi que la tour de Babel décrite dans la Bible. Les excavations ne permirent pas de découvrir les mythiques jardins ou le moindre édifice qui eut ressemblé à la tour de Babel, mais assurèrent de bien belles découvertes, comme la porte d’Ishtar et les monstrueuses murailles de la ville qui avaient émerveillé Hérodote.


Cependant, la recherche de la tour de Babel ne resta pas infructueuse. Les fouilleurs dégagèrent les traces imprimées dans le sol d’un très grand édifice de forme carré qui s’avéra être, au fil des recherches, la grande ziggurat du dieu Marduk. De cette imposante structure il ne restait que quelques briques de fondations en sous-sol, mais la trace au sol est tout de même assez remarquable pour que l’on puisse, avec des photos satellites, la voir très distinctement. La tour fut détruite, nous racontent les sources, par Alexandre le Grand, qui ayant fait de Babylone la capitale de son immense empire, voulut la faire reconstruire. Les calculs d’aujourd’hui, réalisés à partir de relevés topographiques, de mesures sur le terrain et d’informations puisées dans les tablettes et autres inscriptions, tendent à définir la ziggourat comme ayant été un édifice carré de 90 m de côté, constitué de 7 étages construits en terrasses, ce qui portait l’édifice à une hauteur comprise entre 66 et 90m. Les dimensions cyclopéennes de la ziggourat la rendaient visible à des kilomètres de la cité et devaient émerveiller et impressionner les visiteurs ainsi que les étrangers qui se rendaient à Babylone.

mardi 23 novembre 2010

Memnon de Rhodes, celui qui défia Alexandre le Grand. Quatrième partie

Le résistant :


Comprenant qu’il ne pouvait absolument rien face à l’avancée furieuse de l’armée macédonienne en Asie, Memnon se retranche derrière les épaisses murailles de la cité côtière d’Halicarnasse. Se pensant en sécurité, après que les autorités de la cité lui eurent annoncé qu’Halicarnasse ne capitulerai pas, Memnon prépare l’impossible riposte. En général, il réorganise les défenses, fait consolider les murs de la ville, modernise la citadelle qui donne sur la mer et harangue les défenseurs de la cité.


- « Rien n’est bon avec Alexandre ! Il anéantira votre cité et vous avec ! »


Ses discours sont approuvés par les cris des soldats qui croient en la victoire.


- « Le Grand Roi, notre maître, prépare une armée qui détruira les macédoniens, et alors vous aurez acquis la gloire d’avoir résisté au plus terrible fléau de ce monde ! »


Rien n’est moins sûr. Alexandre est aux portes de la ville et Memnon n’a aucune nouvelle du Grand Roi qui est confortablement installé sur son trône à Persépolis. Pour ce dernier, Alexandre est encore trop loin et son armée est trop peu nombreuse pour l’inquiéter. Il est vrai qu’en quelques semaines, Darius III, peut réunir dit-on, des centaines de milliers de soldats qui viennent de quatre coins de son immense empire.


Memnon doit faire avec. Souvent il pense à son épouse Barsine et à sa fille, qui fuient quelque part en Anatolie (Turquie actuelle) en compagnie d’autres femmes de généraux Perses. Inquiet intérieurement, il ne laisse rien transparaitre, en bon général pour donner confiance à ses soldats. Prudent, il ordonne de construire une flotte de secours au cas où…


Alexandre donne l’assaut ! C’est bien trop tôt car la cité est loin d’être en mesure de repousser les terribles phalangistes macédoniens. Une brèche se fait dans la muraille par laquelle l’armée ennemie s’engouffre comme des fourmis entrant dans un terrier ! La pauvre garde mal-entraînée de la ville est détruite et Memnon doit se retrancher dans la citadelle avec le reste de ses contingents Perses et Grecs. Maudissant Alexandre, Memnon, du haut d’une tour de la citadelle, se tourne vers la mer - sa seule issue – et prenant à témoin les dieux, jure de contre-attaquer.

William Quantrill

William Clarke Quantrill est né en 1837 à Dover dans l’Ohio. Il est le fils de Thomas et Caroline Quantrill. Comme son père, il devient instituteur dans sa ville natale, puis dans l’Illinois et l’Indiana avant de s’installer dans l’Utah, où il apprend le poker. Il devient joueur professionnel, ce qui lui octroie une rémunération plus importante que l’enseignement. En 1959, il déménage à Lawrence dans le Kansas. Tout en exerçant son métier d’instituteur et de cuisinier pour une compagnie des chemins de fer, il continue le poker. En 1861, accusé de meurtre et de vol de chevaux, il doit quitter précipitamment la ville.


Lorsque débute la Guerre de Sécession, William Quantrill s’engage dans l’armée confédérée. Ne supportant pas la discipline militaire et faisant preuve d’un esprit d’indépendance, il n’y reste que quelques mois. Par la suite, il rejoint un groupe de partisans esclavagistes. Rapidement, il s’impose comme leur chef et recrute des hommes. Il appelle sa troupe les Quantrill’s raiders harcelant les soldats de l’Union. Pour ses services, il reçoit le grade de capitaine. Mais très vite, les choses dégénèrent. La bande sème le chaos dans les Etats du Kansas et du Missouri, pillant, volant et tuant tous ceux s’opposant à eux, tant civils que militaires. Quantrill s’entoure de criminels et les considère comme ses lieutenants. On peut citer les frères James (Jesse et Franck), Cole Younger et William Anderson qui scalpe ses victimes. En avril 1862, les Etats unionistes les déclarent hors la loi et leurs têtes sont mises à prix.
En août 1863, le général Thomas Ewing se rend à Lawrence et fait arrêter les épouses et les sœurs des membres de la bande de Quantrill. Ces dernières approvisionnaient les pillards en armes, munitions et vivres. Décidé à se venger des habitants l’ayant chassé en 1861, Quantrill rassemble 450 hommes et attaque la ville. Dans la nuit du 20 au 21 août 1863, la bande de Quantrill massacre les deux pelotons des soldats de l’Union postés dans la ville, fait plus de 150 victimes civiles, et incendie la moitié de la ville. A la suite de ce massacre, le général Ewing ordonne l’évacuation des quatre comtés du Missouri limitrophes au Kansas, ce qui comprend dix mille personnes.
Traqué, Quantrill se réfugie au Texas. Il continue de piller les villes, alors qu’ils se trouvent dans les Etats esclavagistes. Le gouvernement confédéré lui retire la reconnaissance officielle de la qualité de combattant. Il est contesté par certains de ses lieutenants. Franck James, Cole Younger et William Anderson le quittent et retournent au Kansas avec plusieurs hommes. Le général nordiste McCulloch finit par l’arrêter, mais Quantrill parvient à s’échapper. Avec la douzaine d’hommes lui restant, il remonte vers le Nord.



Après la guerre, il fomente le projet d’assassiner Abraham Lincoln. Arrivé au Kentucky, il apprend la mort du président. Le 10 mai 1865, il est surpris par l’armée dans une ferme proche de Louisville. Quantrill blessé, est fait prisonnier. La balle logée dans sa colonne vertébrale, le paralyse. Il meurt en prison le 6 juin 1865. A sa mort, il lègue sa fortune obtenue illégalement à sa maîtresse Kate King. Celle ci ouvre une maison close à Louisville, qui connaît un vif succès.


William Quantrill est le plus tristement célèbre chef des bandes de franc tireur, de la Guerre de Sécession. Il montre à quel point, cette guerre oppose davantage des peuples que des armées régulières. Dans le Nord, des milices civiles voient le jour prêtant main forte à l’armée. Dans le Missouri les Jayhawkers dirigés par le sénateur John Lane combattent celle de Quantrill, se livrant aux mêmes massacres contre ceux considérés comme esclavagistes.

mardi 16 novembre 2010

Mary Walker

Mary Edwards Walker est née le 26 novembre 1832 à Oswego dans l’Etat de New York. Son père est médecin et sa mère institutrice. Adolescente, elle poursuit des études de médecine à la prestigieuse école du Collège Médical de Syracuse et obtient son diplôme en 1855. Durant ses études, elle se lie d’amitié avec Amélia Bloomer, laquelle défend le droit pour la femme de porter des pantalons turques, créant une robe particulière appelée la bloomer. Mary Walker portera toujours des vêtements masculins ou la bloomer. Avec son mari et confrère Albert Miller, elle ouvre un cabinet. Le couple bat rapidement de l’aile. Son mari ne supportant pas la façon de s’habiller et les idées féministes de son épouse, la quitte pour une autre.

Au déclenchement de la guerre, elle s’engage dans l’armée de l’Union en tant qu’infirmière, ne pouvant accéder à un autre statut à cause de son sexe. Elle fait ses preuves comme chirurgien notamment lors de la bataille de Bull Run. En 1863, elle est nommée chirurgien assistant dans l’armée du Cumberland, devenant ainsi l’unique femme chirurgien dans l’armée américaine. Mary Walker traverse fréquemment les lignes de combat pour soigner les civils et les militaires tant du Nord que du Sud. Agissant de la sorte, certains officiers la soupçonnent d’être une espionne. Le 10 avril 1863, elle est capturée par les Confédérées et emprisonnée à Richmond. Quatre mois plus tard, elle est libérée lors d’un échange de prisonnier. Elle rejoint ensuite l’armée de Sherman, lors de la bataille d’Atlanta. Elle supervise une prison pour femme à Louisville, puis un orphelinat dans le Tennessee.
Le 11 novembre 1865, le président Andrew Johnson, sous les recommandations des généraux Sherman et Thomas, lui décerne la Médaille d’Honneur, devenant la première femme à la recevoir.

Après la guerre, elle devient écrivain, conférencière et apporte son soutien au développement des services médicaux. Elle rédige deux ouvrages sur les droits des femmes et rejoint le mouvement des suffragettes. Elle défend l’idée selon laquelle les femmes possédaient déjà le droit de vote et que le Congrès doit simplement appliquer ce droit en promulguant une loi. Les suffragettes travaillent à la rédaction d’un nouvel amendement constitutionnel, portant sur ce sujet. Mary Walker rencontre l’hostilité d’un certain nombre de membres du mouvement et se désolidarise. Elle lutte également contre le tabac et l’alcool, tout deux cause de dégénérescence de l’être humain.

En 1917, le Congrès modifie les conditions d’obtention de la Médaille d’Honneur. Seuls ceux ayant été impliqué dans un combat direct avec l’ennemi, sont dignes de la recevoir. La médaille de Walker lui est retirée. Refusant de la rendre, elle continue de la porter.

Mary Walker s’éteint le 21 février 1919 et repose au Rural Cemetery d’Oswego. L’année suivante les femmes reçoivent le droit de vote par le XIXe amendement de la Constitution. En 1977, le président Carter lui décerne de nouveau la Médaille d’Honneur.

dimanche 7 novembre 2010

Le Panthéon : une église laïque

En 1744, Louis XV tombe gravement malade à Metz. Dans ses prières, il invoque Sainte Geneviève pour sa guérison. Remis de sa maladie et de retour à Paris, il promet aux chanoines la reconstruction de leur vieille église dédiée à la patronne de Paris. L’architecte Jacques Germain Soufflot est choisi par le roi pour réaliser ce travail. En 1765, il dessine un plan en croix grecque. Il cache les contreforts derrières des terrasses, élève un dôme à 83 mètres au dessus du sol. Ce dernier est entouré à l’extérieur d’une rotonde de 32 colonnes.



Le Panthéon est à l’origine une église consacrée à Sainte Geneviève. Les peintures décorant les murs rapportent la vie de cette femme, réconfortant et guidant les Parisiens, lors du siège de la ville par Attila. Cette dimension religieuse est renforcée par le déroulement de la vie de deux autres saints : Saint Louis et Jeanne d’Arc. Deux personnalités revêtant une grande importance pour la France monarchique.

La Révolution désirant marquer l’existence d’une nouvelle ère, détourne le Panthéon de sa fonction première. L’édifice est désormais destiné à recevoir les cendres des grands hommes à dater de l’époque de la liberté, c'est-à-dire à partir de 1789. Le choix de ces hommes est laissé au corps législatif. L’article deux du règlement stipule qu’aucun membre de ce corps ne peut faire une demande d’intronisation pour lui ou l’un de ses confrères.
Le choix des personnes intronisées au Panthéon varie en fonction des projets politiques des régimes successifs. La Ière République la décerne pour ceux ayant sacrifié leur vie à la défense de la patrie. Napoléon Ier souhaite conforter son régime en l’inscrivant dans la continuité de la révolution. Il intronise les grands fonctionnaires de l’Etat, qu’ils soient civils, militaires ou religieux. La IIIe République, se définissant comme la république du sacrifice et du talent diversifie l’origine des personnes enterrées. Le Panthéon sert à marquer en permanence la reconnaissance de la nation pour tout citoyen ayant mérité de la patrie, par sa vie, son œuvre ou sa mort. Ainsi outre des militaires, des écrivains (Hugo, Zola, Dumas), des scientifiques (Pierre et Marie Curie), des hommes politiques (Jaurès, Carnot) et des intellectuels (Louis Braille) y sont enterrés. Plus récemment, l’intronisation de Jean Monnet sous la présidence de François Mitterrand, symbolise l’implication de la France comme moteur de la construction européenne.

Le visiteur peut contempler les 68 tombes présentes dans la crypte du Panthéon réparties en différents caveaux. Les tombes sont d’une grande sobriété et ne dénotent que par les fleurs qui peuvent y être déposées. Néanmoins, les tombes de Voltaire et de Rousseau présentent une exception. Tout d’abord, elles se différencient par leur structure et leur riche décoration. Ensuite, avec Descartes, il s’agit des seules personnes dont l’œuvre se situe avant la Révolution.
Outre les tombes des grands hommes de la Nation, le visiteur peut admirer le pendule de Léon Foucault réalisé en mars 1851. Selon un principe simple ayant un rapport avec la force de Coriolis, il est possible de contempler la rotation de la Terre.






Le Panthéon est un monument ambigu, dans lequel se mêlent ferveur républicaine et religieuse. La sculpture représentant la Convention nationale se situant en dessous de l’image du Christ et de la Vierge illustre cette ambigüité. Le bâtiment sert à la fois de lieu de mémoire pour la Nation française, mais aussi de recueillement et de mausolée.

vendredi 5 novembre 2010

La légende du Roi Scorpion

Pharaon légendaire ? Premier grand roi à avoir réuni les deux Egypte sous son autorité ? Le roi Scorpion, plus qu’une légende, est un fantasme préhistorique car il s’agit là d’un homme qui aurait vécu il y a plus de 5000 ans. Ce « fantasme » a une part de vérité puisque les fouilles archéologiques de la nécropole royale d’Abydos ont révélé la tombe d’un homme roi - le corps n’existant plus – dont le mobilier funéraire révéla aux chercheurs des actes de son règne ainsi qu’un fragment de sceptre « Heka » symbole de royauté.


Car, cela est triste, l’existence de cet homme mythique ne tient qu’à de vagues souvenirs d’actes dépassés, en très mauvais état, et à ce fragment de sceptre.


Alors pourquoi Scorpion ? Tous les autres pharaons ne sont connus que par leur nom de règne. Pas lui ! Son nom – s’il a réellement existé – serait Selk et la période protodynastique semble compter beaucoup d’homonymes. Aussi, la tombe du roi scorpion contenait un serekh – encadré surmonté d’un faucon Horus dans lequel on sculptait le nom du roi – dans lequel était figuré un Horus-scorpion creusant un canal au Nil. Et voilà la légende du fameux roi Scorpion est née !!!


Alors qui est-il ce roi Scorpion et qu’a-t-il fait d’extraordinaire pendant son règne ? Je vous vois déjà imaginer d’énormes constructions, de grandes batailles et le rayonnement de l’Egypte sur le monde antique ! Au diable les préjugés ; voici la réalité : l’Egypte en ce temps n’est pas un royaume mais un amoncèlement de chefferies, de petites royautés en quelque sorte. Selk a semble-t-il soumis un certain nombre de chefs tribaux et aurait régné alors sur un assez large territoire comprenant la Haute-Egypte (c’est-à-dire le sud).


A-t-il soumis toute l’Egypte ; a-t-il envahi la Nubie et contrôlé le commerce jusqu’en Palestine ? Cela paraît improbable. Le roi Scorpion a surtout été le précurseur de la fabuleuse réussite du non moins célèbre Narmer, qui lui, et c’est une certitude, a réuni sous son contrôle la Haute et la Basse-Egypte ! Mais laissons ici le doute afin de laisser une aura mythique à ce roi qui malgré tout par sa lointaine existence nous fera encore rêvé pendant longtemps.