dimanche 25 juillet 2010

Charlemagne n'a pas inventé l'école!!! Troisième partie


Avant-dernière partie consacrée à l'école sumérienne. Indissociable du quotidien des professeurs, des élèves et des parents d'aujourd'hui, la pédagogie scolaire n'était pas un sujet de discorde chez nos ancêtres sumériens. Seul le résultat comptait: chaque élève devait savoir lire et écrire d'une manière irréprochable afin de devenir les élites de la société. Quand on pense que de nos jours une grosse partie des bacheliers en France font une faute dans chaque phrase!

La pédagogie scolaire :

Nous ne savons que trop peu de choses pour discerner clairement l’étendue du programme d’apprentissage dans l’école sumérienne, sinon que les enseignants devaient accompagner leurs exercices de commentaires et d’explications oraux. Les archéologues ont déterré des milliers de tablettes de types « scolaires », qui indiquent que l’apprentissage se déroulait sous le signe de la pratique quotidienne du recopiage des signes sur des tablettes. Après quelques cours où ils apprenaient la forme grammaticale des phrases, les élèves recopiaient des tablettes comportant d’interminables listes administratives, ce qui avait pour effet de leur faire apprendre les signes par cœur. Cette pratique démontre bien sur quel fondement idéologique était basée l’utilisation de l’écriture. Avant de porter de magnifiques œuvres poétiques et littéraires comme l’épopée de Gilgamesh, l’écriture a été un moyen pratique pour compiler et garder en mémoire des données administratives et économiques.

Une journée de cours traditionnelle devait se dérouler de la sorte : Le matin l’élève étudiait la tablette qu’il avait préparée la veille jusqu’à ce que « le grand frère » la lui fasse peut-être réciter. Une fois terminé, ce dernier préparait une nouvelle tablette que l’élève se mettait aussitôt à recopier et étudier…ainsi de suite chaque jour, les tablettes comportant de plus en plus de signes et la difficulté s’accentuant. La formation prenait plusieurs années mais, une fois le « diplôme » obtenu, les nouveaux scribes se mettaient au service d’un établissement ou devenaient eux-mêmes enseignants.


vendredi 23 juillet 2010

Exclu: Stonehenge n'est pas la tombe de Merlin!!!


Stonehenge est un lieu plein de mystère. Zone extraterrestre, tombe d'enchanteur, lieu de pèlerinage préhistorique, tout a été écrit sur lui. Grâce aux dernières recherches archéologiques sur le terrain, nous commençons à y voir plus clair!

Des archéologues européens (Grande-Bretagne, Norvège, Suède, Autriche et Allemagne) travaillant sur un vaste projet de cartographie du site mégalithique de Stonehenge, dans le sud de l'Angleterre, ont annoncé jeudi avoir mis au jour les vestiges d'un monument cérémoniel jusqu'alors inconnu à moins d'un kilomètre du cercle principal.

Le nouveau monument serait contemporain de Stonehenge, édifié il y a environ 4.500 ans, et semble aligné comme lui en direction du lever du soleil lors du solstice d'été.

Le fossé circulaire est muni de deux entrées opposées nord-est/sud-ouest et qui pourrait avoir supporté une structure en bois. Cet ensemble ressemblerait à un Stonehenge de bois!!!!

N'oublions pas que Stonehenge était jusqu'à présent considéré comme un temple dédié à des divinités supérieures de la nature (Soleil) ou bien - pour les hypothèses les plus farfelus - comme un lieu de sépulture (Merlin?).

Enquête à suivre...

mercredi 21 juillet 2010

Charlemagne n'a pas inventé l'école!!! Seconde partie


Nous continuons notre approche de l'école sumérienne. Pour cette seconde partie voyons, tel une fiche de rectorat, comment se présente l'école ainsi que son personnel. Le constat est qu’à cette époque le sureffectif n’était pas un problème, ni le manque de personnels… normal les élèves étaient disciplinés !




L’organisation de l’école :

- L’établissement

L’école était nommée « la maison des tablettes » et ce n’est qu’à partir de la seconde moitié du IIIe millénaire, alors que l’écriture en Mésopotamie était en phase de modernisation – c’est le passage du pictogramme au cunéiforme – que nous sommes en mesure de véridiquement discerner des bâtiments voués à l’enseignement dans la plupart des cités sumériennes. A Nippur, capitale religieuse, c’est un quartier entier où habitaient et travaillaient scribes et étudiants qui a été déterré. Les salles de classes étaient composées de plusieurs rangées de bancs en briques où pouvaient s’asseoir une à quatre personnes. L’absence de tables est expliquée par le fait que les élèves devaient travailler sur leurs genoux. A l’intérieur de cette salle devaient se trouver des étagères où étaient posées des tablettes d’argiles vierges prêtes à l ‘emploi, ainsi que des textes à étudier.


- Le corps enseignant

Les enseignants de l’époque n’avaient rien à envier à nos professeurs d’université. En effet, beaucoup vivaient de leur rente d’enseignant et consacraient leur vie entière à la transmission de leur savoir ainsi qu’à l’étude lors de leurs temps libres. A la tête de l‘établissement se trouvait le chef d’établissement, l’ummia – « le père de l’école » – qui était également enseignant. Celui-ci était assisté dans sa tâche par un professeur assistant – « le grand frère » – sûrement un ancien élève de l’école, qui avait pour rôle de contrôler la calligraphie des signes et de les faire réciter. Au sein des enseignants, on trouvait également des spécialistes comme « le chargé de dessin » (calligraphie, art plastique ?) et « le chargé du sumérien » (grammaire, conjugaison ?). Des surveillants ainsi qu’un très austère « chargé du fouet » encadraient les soubresauts des étudiants et assuraient la discipline de l’école.


- Les élèves

Les élèves semblent tous avoir été des enfants issus des rangs sociaux les plus élevés. Ils étaient fils de gouverneurs, diplomates, intendants ou riches commerçants. Les listes de noms d’élèves retrouvées ne font mention d’aucunes femmes, ni chez les élèves ni dans le corps enseignant, ce qui tend à prouver que les femmes n’avaient pas accès à l’enseignement. La vie que les élèves menaient pendant leur apprentissage était plutôt rude et contraignante. Dans les salles de classes, dès l’aube, ils suivaient leurs cours toute la journée jusqu’au coucher.

vendredi 16 juillet 2010

Charlemagne n'a pas inventé l'école!!! Première partie


Et oui, France Gall s'est trompée: celui qui a eu cette idée folle d'inventer l'école n'est pas Charlemagne avec sa barbe fleurie!

A un moment où l’école, les professeurs et le système éducatif n’ont jamais été autant décriés et remis en cause, il est toujours intéressant de regarder ce que « eux avant nous » ont fait pour transmettre leurs savoirs. Aussi, il n’est pas de meilleur exemple que les Sumériens, « eux » qui ont eu la géniale invention d'échafauder un moyen de retranscrire leurs idées, leurs verbes e leurs histoire sur des supports en dur. Ils inventèrent un système éducatif simple, porté par des professionnels qui enseignaient la magie des mots en imposant des exercices longs et harassants, mais qui avaient pour finalité de former une classe de lettrés, socialement élevée et qui ne serait pas en manque de travail. Tout ce discours tient en une seule question : comment était l’école au temps de Sumer ?


Ecriture et école :

L’un ne va pas sans l’autre. Le grand spécialiste des textes mésopotamiens S.N.Kramer insistait déjà sur ce point lorsqu’il écrivait dans son ouvrage L’Histoire commence à Sumer, « l’école est sortie tout droit de l’écriture ». Les plus anciennes traces de l’écriture nous proviennent de la cité d’Uruk dans le sud de l’Irak actuel, qui correspondait à l’ancien pays de Sumer, et datent des environs 3200 av. notre ère. Les lettrés sumériens, des scribes, écrivaient alors sur des tablettes faites d’argile avec des pictogrammes ou idéogrammes, une écriture simpliste qui avait pour base un signe distinctif qui se rapportait à un objet ou un produit particulier.


L’écriture eut comme support la tablette faite d’argile. Bien qu’humble à ses débuts, l’écriture évolua au fils des siècles, tout comme son système d’apprentissage. En effet, dans tous les lots de tablettes les plus anciennes de l’humanité que nous ayons retrouvés, certaines comportaient des listes de mots « pictographiques » à apprendre par cœur. Ces listes nous révèlent que les scribes qui participèrent à l’élaboration de l’écriture, inventèrent simultanément un moyen de transmettre leur savoir par l’intermédiaire de formations suivies et d’exercices ; autrement dit l’école, organisme voué à enseigner l’écriture, était née.

mercredi 14 juillet 2010

Coup de feu le 14 juillet 1789!


Avant mon article sur l'école à Sumer, comment ne pas dire un mot aujourd'hui sur ce 14 juillet où nos militaires et autres politiques paradent!

Que savons-nous aujourd'hui de cet héritage légué par nos ancêtres révolutionnaires?

Une chose frappante à tous les 14 juillet réside dans l'incapacité d'un certain nombre de français de dire - même de manière éloignée - à quoi correspond la fête nationale!

Feu d'artifice, parade militaire... oui mais pourquoi?

Un bref rappel des faits:

La France capétienne ne tient plus son peuple, lassé des privilèges et des impôts, les bourgeois, riches et aisés qui veulent avoir leur mot à dire dans la politique, et enfin ses nobles, ruinés par la vie de cours, et qui veulent rétablir un certain nombre de droits - c'est à dire impôts - féodaux. Tout le monde connaît l'histoire: Louis XVI convoque les États Généraux, seule haute autorité qui peut contraindre la décision d'un roi, qui se soustrait au roi en se proclamant Assemblée Nationale représentant le peuple.

Le fameux 14 juillet 1789, la foule parisienne, de peur de représailles royales et étrangères, décide d'entamer des pourparlers avec le directeur de la Bastille, prison royale et symbole du despotisme, afin d'obtenir des munitions pour les armes qu'elle avait pillée aux Invalides!

Le mystère de cette fameuse journée vient d'un coup de feu! L'Histoire se fait souvent sur des détails. Pendant les négociations, un coup de feu aurait retenti; un coup de feu que tout le monde n'a pas entendu... mais déjà les meneurs haranguent la foule que la crainte d'une attaque imminente avait rendu échauffée.

La suite nous la connaissons: une attaque héroïque et un fait d'arme exceptionnel... En fait pas du tout! La Bastille ne comprenait qu'une dizaine de soldats pour à peine sept prisonniers!

Aujourd'hui donc, nous commémorons, en France, le symbole du retournement guerrier du peuple parisien - un mouvement suivi ensuite dans les grandes villes françaises - contre un symbole de la monarchie absolue. Un épisode certes dans le détail peu héroïque - ce n'est ni Austerlitz, ni Marignan - mais lourd de sens.

La Révolution française, fondation de notre esprit républicain, a donc commencé par un mystérieux coup de feu... que nous commémorons aujourd'hui par de nombreux coups de feux... d'artifice!

mardi 13 juillet 2010

Ouverture et réflexions


Telle une composition classique, voici donc l'ouverture de mon site consacré à l'Histoire. Bien que spécialiste en Histoire Ancienne, les autres périodes, Médiévale, Moderne et contemporaine viendront agrémenter ce site.

Et ma première pensée est pour tous ces professeurs d'Histoire qui ne pourront bientôt plus transmettre leur passion à certaines filières scolaires pour des raisons qui sont sans nul doute budgétaires.


Bientôt, moins d'Egypte, moins de rêves...

Plus de contemporaine (en classe de 4ème, 3ème, Première et terminale) et donc un regard moins large sur l'évolution des pensées, des mœurs et des civilisations.

N'oublions pas qu'avant Voltaire et les Lumières, il y a eu Érasme et l'Humanisme.

Les Grecs, justement, la pensée occidentale ne s'arrête qu'à Athènes et sa démocratie. N'y a-t-il rien eu avant? et surtout autre part? L'Egypte bien sûr! mais pas seulement! Quand prendra-t-on le temps d'expliquer la Préhistoire et les civilisations du Proche-Orient qui ont tout inventé!

En attendant de parler de toutes ces civilisations et autres grands personnages qui, avant De Gaulle et Napoléon, ont fait le monde, il me paraissait amusant de conter une histoire. Une histoire amusante quand on est professeur: raconter l'histoire des premières écoles de nos ancêtres écoliers qui étudiaient la plus ancienne écriture qui a été déchiffrée de nos jours, le sumérien!