mercredi 25 août 2010

Memnon de Rhodes, celui qui défia Alexandre le Grand. Première partie

Prologue:

Si Alexandre a été surnommé Megas Alexandros – Alexandre le Grand – c’est bien grâce à sa bravoure au combat, sa carrière militaire, son empire gigantesque et à sa vie, sans aucun doute la plus trépidante qu’un homme n’ait jamais légué à l’histoire de l’humanité. Personne ne lui a résisté, hommes, femmes, macédoniens, grecs, perses, indiens, chacun s’est prosterné devant lui. M’intéressant à la vie d’Alexandre depuis plusieurs années, en lisant et en écrivant aussi sur lui, une question me tarabustait : qui donc a vaincu Alexandre sinon la mort elle-même ? Jamais l’intrépide macédonien ne perdu une bataille et même lorsqu’il revenait blessé, agonisant aux portes du monde d’Hadès, c’était toujours en vainqueur !

En réétudiant son épopée, je me suis rendu compte qu’il n’existait qu’un homme qui lui ait vraiment résisté. Darius le Grand roi ? Non ! Ses proches tels Hephestion ou Ptolémée ? Non plus ! Il s’agit d’un homme presqu’inconnu et qui traverse la vie d’Alexandre tel un météorite dans l’atmosphère. Mais s’il a plié devant lui, il n’a jamais rompu. Son nom : Memnon de Rhodes. Que dire de cet homme, mercenaire grec, qui a combattu pour la Perse contre Philippe, le père d’Alexandre, puis Alexandre lui-même avec un certain succès avant qu’une mort prématurée ne mette fin à ses plans de reconquêtes. La relation entre les deux hommes est forte à tel point qu’Alexandre se liera avec la famille de son ancien ennemi.

dimanche 22 août 2010

Vauban, c'est de la dynamite !

L’invention de la poudre attribuée aux Chinois parvient en Europe au XIIIe siècle par l’intermédiaire des Arabes. Son utilisation dans le domaine militaire remonte au XIVe siècle. Les premiers canons sont sans effet sur les fortifications. Au milieu du XVe siècle, les artilleurs de Charles VII modifient les techniques de ces nouvelles armes à feu. Ils remplacent les boulets de pierre par des boulets en fonte, améliorent la composition de la poudre et fabriquent les fûts en bronze. Désormais, les remparts ne résistent plus aux tirs de mortier. Ces progrès techniques entraînent une révolution dans l’art des fortifications.

Les guerres d’Italie ont permis une accélération des recherches dans ce domaine. En 1515, Antoine de San Gallo substitue aux fortifications verticales des remparts bas en terre précédés d’un fossé, remplace les tours par des bastions triangulaires réduisant ainsi les angles morts et facilitant les tirs croisés. Les ingénieurs italiens modifient également le tracé des routes à l’intérieur des citadelles en adoptant des plans radioconcentriques. S’il permet de mieux contrôler les rues, il engendre un habitat peu commode.
Durant tout les XVIe siècle, l’école italienne est la référence en matière de fortification. Néanmoins, la grande importance accordée à la géométrie les amène parfois à des constructions peu adaptées au terrain. Ils sont peu à peu délaissés au siècle suivant au profit des Néerlandais et des Français.

Rationalisant le procédé d’attaque employé par les Turcs devant Candie, Vauban établit une méthode de siège, appliquée pendant les guerres de Hollande et qui restera appliqué jusqu’au milieu du XIXe siècle. Cette méthode est fondée sur l’occupation rationnelle du terrain par des tranchées, un emploi judicieux de l’artillerie et le souci de réduire les pertes. Après avoir établi les lignes de circonvallation et de contrevallation, il entreprend la construction des tranchées pour approcher les bastions. Ils forment des zigzags, afin d’éviter les tirs en enfilade. Des places d’artillerie couvrent l’avancée des fantassins.
Pour les systèmes défensifs, Vauban se base sur les travaux de Blaise François de Pagan comte de Merveilles. Il donne aux flancs des bastions un tracé perpendiculaire à la ligne de défense et organise des chemins couverts sorte d’avant garde, protégés par d’épaisses banquettes. Vauban reprend ce système en l’améliorant en fonction du système d’attaque qu’il a mis au point. Afin de parer les tirs en ricochet, il construit des petites tours d’artillerie derrière les banquettes.

Les nouvelles techniques mises au point par les ingénieurs Français et Néerlandais ont considérablement réduit le temps de reddition des villes et diminuent les pertes subies par les assiégeants, à l’heure où les guerres se gagnent encore par la possession des villes et des place-fortes.

jeudi 12 août 2010

Une vie de chien... très lointaine.


A quand remonte la domesticité du meilleur ami de l’homme ? Dans la caverne de Kesslerloch dans le canton de Schaffhausen en Suisse, des archéologues avaient découvert en 1873 des fragments de crâne et de dents d'un chien remontant à la préhistoire. Ce n’est qu’en 2009-2010 que de nouveaux chercheurs se sont intéressés à cette ancienne découverte et en ont calculé la date approximative, plus de 14.000 ans !

Il s'agit du plus vieux fossile de chien, c’est à dire un loup clairement domestiqué, jusqu’alors identifié. Un grand fragment de maxillaire a été tout de suite daté de 14.100 à 14.600 ans avant notre ère.



Selon les archéologues, ce fragment de maxillaire doit maintenant être considéré comme la première preuve indiscutable et surtout la plus lointaine de l’existence du chien domestique. Des archéologues belges avaient pourtant annoncé avoir découvert un crâne de chien datant de plus 30.000 ans. Hypothèse très rapidement remise en doute : suivant les chercheurs, les fragments datant de 30000 ans, ressemblent nettement à des ossements de loups.

mardi 10 août 2010

Que de lois!!!


Les archéologues israéliens ont annoncé le 26 juillet la découverte d'un fragment d'un code de loi, vieux de 3 700 ans, comparable au célèbre code d'Hammourabi. C'est donc une première : voici un fragment d'un code de loi découvert hors de Mésopotamie.

Ce texte remonte à dix siècles avant la rédaction supposée de la Bible (VIIe siècle avant notre ère). La découverte n'est pourtant pas extraordinaire puisqu’il s'agit d'un tout petit fragment d'argile de 2 centimètres sur 1,5 en écriture cunéiforme akkadienne (photo), sur quatre lignes très serrées des deux côtés de la tablette. Le fragment a été découvert sur le site de la ville cananéenne de Hazor dans le nord d'Israël.

Son contenu se réfère aux règles régissant les rapports des maîtres et des esclaves. Ville du nord de la Galilée, Hazor fut une des principales cités du "croissant fertile" à l'âge du bronze. Située sur la route menant de l'Egypte à l'Asie, Hazor fit le commerce de l'étain avec des villes de Babylonie et de Syrie pour alimenter son industrie du bronze. Hazor entretenait des liens politiques et économiques étroits avec la Mésopotamie, entre le Tigre et l'Euphrate.

Hazor fleurit surtout durant le milieu de la période cananéenne (1750 avant notre ère) et fut le plus grand site fortifié d'Israël durant la période israélite (IXe siècle). La Bible se réfère à Hazor comme "la tête de tous ces royaumes" cananéens (Joshua 11:10)

Le code d'Hammourabi (vers 1750 avant Jésus-Christ) est l'un des plus anciens textes de loi de l’humanité, le premier quasiment complet. Texte babylonien non religieux mais d'inspiration divine, réalisé sous l'autorité du roi Hammourabi, il prolonge en matière juridique l'œuvre militaire et politique du fondateur du royaume de Babylone. Ce code, découvert à Suse (Perse) grâce à une mission française est actuellement au Musée du Louvre à Paris.

samedi 7 août 2010

Charlemagne n'a pas inventé l'école!!! Dernière partie


Très important en guise de conclusion pour cette dernière partie consacrée à la première école de l'humanité, le programme scolaire!

Le programme scolaire et les matières enseignées :

Plus intéressant encore que ces milliers de « cahiers » de recopiages, nous possédons en outre des allusions et des évocations des scribes/enseignants dans le contenu de plusieurs tablettes, qui nous renseignent ainsi sur les plus anciens programmes scolaires de l’humanité et à ses finalités. A ses débuts, l’école sumérienne n’avait pour vocation que de former une élite professionnelle de scribes qui travailleraient dans les bureaux d’affaires, de gestions et d’administrations des temples et des palais.

Vers la moitié du III millénaire, la langue sumérienne se perfectionna, puis la langue akkadienne, qui s’en inspirait, apparue avec le grand empire de Sargon d’Akkad. Plus tard, à la fin du IIIe millénaire, qui coïncide avec la fin de l’histoire sumérienne, la langue akkadienne se divisa en deux idiomes, le babylonien au sud et l’assyrien au nord. Tous ces bouleversements s’accompagnèrent d’une refonte du système éducatif. Peu à peu l’écriture devint un formidable moyen de culture. En effet, les mythes anciens et les histoires des peuples, qui se transmettaient jusqu’alors par la voie de l’oralité, furent retranscrits par écrit. L’école devint alors un établissement où les grandes œuvres furent d’abord couchées sur les tablettes, puis recopiées pour être enfin diffusées et étudiées pour notre plus grand bonheur, nous qui pouvons aujourd’hui à notre tour les lire. Les sumériens étaient également de grands scientifiques qui étudiaient autant les astres que la terre, les mathématiques que la géométrie. Aussi l’écrit apporta le moyen de traiter des théories et d’établir des plans architecturaux en vue de grandes constructions.

La profession de scribes s’en trouva par là même transformée. Le scribe, qui n’était jusqu’alors que comptable, ou dans le meilleur cas diplomate ou secrétaire du palais, pouvait être à présent littéraire ou scientifique, spécialisé dans un domaine particulier. Par ce biais, l’école élargit sa palette de matières à enseigner et contribua ainsi au rayonnement intellectuel et scientifique de Sumer au cours du IIIe millénaire.

L’école sumérienne nous paraît étonnamment moderne avec son organisation et son personnel. Ce qui diffère avec l’école d’aujourd’hui est le mode d’enseignement et les finalités de l’apprentissage que recevaient les élèves. En effet, si les cours étaient difficiles et la discipline excessivement sévère, les élèves en sortaient avec une formation qui leur permettait d’aspirer aux plus hautes fonctions. Enfin, l’école sumérienne a connu de profonds bouleversements idéologiques et pédagogiques. D’une simple école de formation de fonctionnaires voués aux administrations des grands pôles économiques des cités, elle est devenue au fil du temps une l’école vouée à l’étude des sciences et de la littérature.

jeudi 5 août 2010

Quelle tête de turc !

Cette expression signifiant être la victime de moquerie ou de méchanceté, trouve son origine dans les foires du XIXe siècle, où l'on pouvait prouver sa force en tapant avec un marteau sur une fausse tête d'un turc. Néanmoins, il est possible de se demander si cette expression ne proviendrait pas des fameuses pipes d'Istanbul ?

La fabrication de pipe est une tradition turque attestée depuis le XVe siècle. Elles sont façonnées en écume de mer, très présente dans le Bosphore et en Mer Noire. Cette pierre calcaire est très appréciée des fumeurs, car elle adoucit l'apprêté du tabac tout en absorbant la nicotine. Elles sont sculptées et dénote d'un savoir faire artisanal. Les thèmes récurrents sont les aigles et la fameuse tête de turc enturbannée.

Les pipes peuvent atteindre 120 cm de hauteur pour deux mètres de long, si l'on y ajoute un tuyau de cuir par lequel la fumée chemine après s'être refroidie lors de son passage dans l'eau. Elles sont fourrées avec un tabac appelé le tömbeki, cultivé sur les bords de la Mer Noire. Il est savoureux et dégage un arôme puissant. Employées autrefois dans les cafés, les hommes s'y retrouvaient autour pour discuter, jouer ou boire le thé.

De nos jours, l'utilisation de ces oeuvres est fortement concurrencée par la cigarette. Toutefois, il est encore possible de s'en procurer dans les ruelles du grand bazar d'Istanbul pour un prix quatre fois moindre qu'en France.


article de Benjamin SACCHELLI

lundi 2 août 2010

Le débat sur l'identité nationale ne date pas d'aujourd'hui

Le débat porté par le gouvernement sur l'identité nationale ne date pas de cette année. Déjà les juristes du XVIe siècle se posent la question de ce qu'être Français signifie.

Les guerres de religion ont plongé le royaume de France dans de terribles luttes internes. La société semble se désagréger. Les plus vénérables institutions à savoir la couronne, l'Eglise et l'Université de Paris sans cesse critiquées et attaquées, ne remplissent plus leur rôle d'union. Il semble vital aux magistrats de trouver des éléments permettant aux "Français" de se sentir unis, afin d'éviter que le pays devienne la proie de ses ennemis.
La France ne peut se définir par sa langue. Par l'Edit de Villers-cotterêts, la langue française s'est imposée dans les actes juridiques. Néanmoins, elle reste concurrencée par le latin dans les milieux intellectuels et par les différents patois régionaux au sein de la population. Seule la religion semblait être le lien le plus fort. Seulement avec le développement de la Réforme, le catholicisme n'est plus la religion de la totalité des Français. De plus pour la première fois, elle touche une large partie de la noblesse.

Alors, quels éléments sont les plus à même de recréer cette unité vacillante ? Les magistrats férus d'histoire, y ont vu le meilleur moyen pour réaliser cet objectif. Il convient de montrer l'originalité de la France par rapport aux autres puissances européennes. Les membres de la robe ont eu à coeur de renforcer la monarchie. La nation ne peut s'incarner que dans la personne royale. Ainsi être Français, c'est être sujet du roi de France. L'étranger devient celui né à l'extérieur des frontières du royaume et plus celui n'habitant pas la ville.

Les protestants se sont emparés de ce concept et se définissent comme sujet du roi de France. Seule la notion de français permet l'oubli des conflits religieux, par la mobilité spatiale. Par exemple, un protestant résidant à Lyon peut s'installer dans une autre ville dans laquelle il n'est pas connu pour sa religion.

La notion de Français du XVIe siècle a permis d'opérer une distinction entre l'Etat et l'Eglise, entre le sujet et le fidèle. Un protestant est un hérétique, mais demeure un citoyen possédant les mêmes droits. Cette notion a également favorisé le renforcement de la monarchie. Le roi étant la France et la nation.

article de Benjamin Sacchelli