jeudi 30 septembre 2010

Le chevalier : une invention de plusieurs siècles



Un idéal peut être défini comme un ensemble de valeur et de pratique, une loi supérieure pour organiser la conduite. La chevalerie renvoie à la guerre, à une éthique nobiliaire et au christianisme. Associée au Moyen-âge, la culture chevaleresque n’a pas disparu de nos jours. Elle s’est modifiée au fil des époques. L’absence de code définitif écrit permet cette mutation.

Au Moyen-âge, le chevalier devient la figure héroïque de la littérature au détriment des héros de l’Antiquité. Les chroniqueurs mettent en récit les plus hauts faits d’armes et les font entrer dans la légende.
Si la littérature s’inspire des guerriers, ces derniers utilisent la littérature pour se créer une identité, leur permettant de légitimer leur domination sociale, par le bais de valeurs collectives et de modèle de comportement, au travers de la bravoure et de l’héroïsme sur les champs de bataille. Ces modèles sont inclus dans l’éducation des aristocrates des XIVe et XVe siècles. Ainsi, le chevalier et le noble tendent de plus en plus à se confondre. Lors du sacre, le roi reçoit les éperons dorés symbole du chevalier. Les souverains se font représenter en cheval.
L’Eglise dans sa volonté de réguler la société, christianise la chevalerie. Bernard de Clairvaux stipule par exemple, que les chevaliers doivent posséder le sens du sacrifice, être dévots, miséricordieux et protéger les faibles autrement dit, ceux ne pouvant porter les armes.

A l'Epoque Moderne, l’idéal chevaleresque se nourrit de la redécouverte des auteurs antiques. Ainsi, Alexandre le Grand et Jules César deviennent des chevaliers, montrant leurs valeurs guerrières et leur sagesse. Le mercenariat se développant lors des guerres d’Italie, met à mal la dimension guerrière de la chevalerie. Dès lors, le chevalier est celui qui démontre d’un certain nombre de valeurs, se bat pour sa patrie, possédant une terre et qui est issu d’un lignage ancien. En ce sens, la référence à l’Antiquité trouve toute sa place. Cet idéal est d’ailleurs employé par la classe robine en pleine ascension.

Les travaux de Benjamin Deruelle, docteur en histoire moderne à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, ont mis en avant le fait que l’image traditionnelle du chevalier que nous possédons, vient du XVIe siècle. En effet, les armures et la parure des chevaux sont celles du XVe siècle. De plus, la joute à cheval est une pratique de la fin du Moyen-âge. Auparavant, les tournois se déroulent à champ ouvert et met en scène simultanément plusieurs protagonistes. Le but est de capturer ses adversaires. Aux XVe et XVIe siècle, la joute se déroule en champ clos. Elle favorise les représentations publiques et vise à démontrer la force et la bravoure des participants. La mort d’Henri II lors d’un tournoi, montre la vivacité de l’idéal chevaleresque à la Renaissance. En ce sens, l’apparition de l’artillerie ne marque en rien la fin de la chevalerie. En effet, ces nouvelles armes n’étant pas encore au point, ne font pas autant de dégât que l’arbalète inventé deux siècles plus tôt.
Cependant, avec les mutations de la monarchie vers absolutisme, la chevalerie tend à être mise à mal par le pouvoir. En effet, l’idéal chevaleresque repose en partie sur l’idée de compagnon. Le roi ne peut être que le premier des compagnons. Le caractère divin du monarque est en opposition avec cet idéal. Louis XII est le dernier souverain à être adoubé par les pairs. Après François Ier, l’adoubement médiéval disparaît. C’est l’évêque qui remet les armes.

L’idéal chevaleresque sans disparaître complètement, semble tomber en désuétude à la fin du XVIIe siècle. Les romantiques du XIXe siècle redécouvrant le Moyen-âge remettent au gout du jour la chevalerie comme le témoignent les romans de Walter Scott. Le XIXe siècle fait du chevalier la figure emblématique de l'époque médiévale, en s'appuyant probablement sur les représentations du XVIe siècle.

mercredi 29 septembre 2010

Pillage en Mésopotamie !!!


C’est l'histoire d'un trésor inestimable, perdu par négligence et retrouvé, lundi 20 septembre, presque par hasard. C'est l'histoire de l’Irak, l’ancien pays de Sumer, pays dévasté par vingt ans de guerre, et qui se montre aujourd'hui, plus de sept années après l'invasion anglo-américaine, incapable de sauver un patrimoine historique qui est aussi celui de la plus ancienne civilisation humaine.

La tragédie débute en avril 2003 quand les soldats américains viennent de prendre l'Irak. ils laissent, des jours entiers, des hordes de pillards dévaster tous les musées de Bagdad. Le plus riche, le plus important, est le Musée national, situé sur une grande avenue au cœur de la capitale. En quelques heures, le résultat de plus de deux siècles de fouilles, c’est à dire au moins 15 000 pièces d'archéologie, des vases et des colliers babyloniens, des bronzes akkadiens, des poteries et des coutelas de Perse ancienne, des tablettes d'argile sumériennes constellées de textes cunéiformes - la plus ancienne écriture humaine connue - disparaissent.

Sept ans après, environ un tiers du butin manquant a été retrouvé. Beaucoup d'objets ont malheureusement été détruits. D'autres ont rejoint les coffres de collectionneurs privés eux USA, en Suisse et en Asie. Toutes ces pièces ne viennent pas des musées. L'Irak possède 12 000 sites archéologiques connus (heureusement bien d’autres sont encore inconnus) et, sur ces lieux souvent éloignés des villes, le pillage se poursuit de façon systématique et organisée. Au moins 32 000 pièces sont venues alimentés le marché des « arts volés » qui était déjà bien encombré. Pour récupérer ses trésors, l'Irak a demandé l'aide internationale. Interpol, les polices et douaniers du monde organisé sont en alerte. Ceux des Etats-Unis ont saisi et restitué à Bagdad plus de 1 500 pièces depuis 2003.

Au printemps 2008, 638 statues, fers de lances, verreries et poteries, certaines datant du IIIe millénaire avant notre ère, sont renvoyés en Irak sur ordre du généralissime David Patraeus, aujourd'hui patron des forces américaines en Afghanistan. Le tout est livré…Sauf que le Musée national n'en a pas la trace, et les réclamera pendant deux ans.

Le 6 septembre, nouvelle livraison américaine d'objets, saisis cette fois directement au ministère des affaires étrangères irakien. Parmi les trésors, une statue sans tête du roi Entémène de Lagash, volée au Musée et datée de 2400 av. notre ère, une paire de boucles d'oreilles en or du roi Nemrod et 362 tablettes d'écriture cunéiforme. Il y a aussi des objets plus modernes, une kalachnikov chromée aux initiales de Saddam Hussein - trophée de guerre saisi sur un soldat en permission.

Mais la dernière livraison américaine a relancé les questions : où sont donc les 638 pièces renvoyées en 2008 ? Le ministère irakien relance l’affaire et les médias de plusieurs pays font échos de cette aberration. Devant le retentissement médiatique et scientifique que suscite l’affaire, américains et irakiens travaillent enfin de concert et mènent l’enquête. Et comme par miracle la livraison est enfin retrouvée : faute d’un étiquetage approprié par les américains, les services irakiens avaient tout rangé dans un entrepôt de matériel de cuisine ! A qui la faute ?

Pauvres Sumériens !

jeudi 23 septembre 2010

C’est une maison rouge, accrochée à la colline



La ville de Meudon dans les Hauts de Seine, abrite la maison du sculpteur et aquarelliste français Auguste Rodin, né à Paris en 1840.

Il s’installe à Meudon avec sa femme Rose Beuret, dans une maison somme toute modeste, faite de briques rouges et de pierre. Une part importante de la demeure est consacrée à l’atelier de l’artiste. La propriété respire le calme et la sérénité, qui transparaissent au travers du parc de la propriété. Les grandes pelouses côtoient quelques bassins dissimulés sous des arbres. Rodin cherchait un endroit pour fuir les tumultes de la vie parisienne. Le monument du 19 avenue Auguste Rodin, est ouvert au public. Le visiteur peut se promener dans le parc, faire malheureusement un trop rapide tour dans la maison et entrevoir l’atelier de l’artiste.

Après un début de carrière quelque peu chaotique, il est remarqué au salon de 1877 et s’inspire grandement des artistes italiens de la Renaissance. Le musée des arts décoratifs lui commande une porte monumentale. Il traite le sujet à partir de l’enfer de Dante, dont Le Penseur devait faire partie intégrante. L’œuvre ne sera jamais achevée. Le musée attelé à la maison, présente un grand nombre de sculptures, dont cette porte. Le visiteur peut aussi admirer le groupe monumental des Bourgeois de Calais entrepris en 1884, mais également les œuvres destinées aux monuments funéraires de Victor Hugo et d’Honoré de Balzac.
Les nombreux moulages de mains et de pieds humains contenus dans les vitrines du musée, démontrent la connaissance approfondie de l’anatomie humaine, que possédait Rodin. A travers, ses sculptures, il recherche le mouvement, le désir de capter la vie. Le corps humain devient porteur d’une passion, d’une énergie et d’une sensualité. Rodin sculpte d’abord ses personnages nus, afin de travailler sur le corps, les muscles et les mouvements. Ce n’est que dans un second temps, que les personnages sont habillés. Les vêtements laissent transparaitre le corps.
Outre ses œuvres sculptées, il a laissé plusieurs milliers d’aquarelles, souvent des nus féminins. Celles-ci ne sont pas présentes dans le musée.

Auguste Rodin meurt dans sa maison de Meudon le 2 novembre 1917. Il est enterré sur la terrasse de la propriété, qu’il a tant affectionnée. Il repose avec sa compagne sous l’œuvre qu’il l’a porté à la postérité.

vendredi 17 septembre 2010

Une nouvelle Tour de Babel!!!

La plus ancienne ziggourat, tour à étages emblématiques de la Mésopotamie, a été retrouvée en Syrie et relance le débat sur l'origine géographique de ces monuments.


La mythique « tour de Babel », de son vrai nom etemenanki (« la maison-fondement du ciel et de la terre ») est plus célèbre des ziggourats. Elle s'élevait à Babylone du XVIIIe siècle au IVe siècle av. notre ère. Depuis toujours, les archéologues pensent que ces monuments sont originaires du pays de Sumer (sud de l’Irak), cette bande de terre entre le Tigre et l'Euphrate, où a été inventée l'écriture vers 3 200. Or, une équipe française vient de trouver la plus ancienne ziggourat connue à ce jour, datant d'environ 2 600. Surprise, elle se situe à 600 kilomètres au nord de Sumer, à Mari, en Syrie, sur les rives de l'Euphrate. De quoi relancer le débat sur l'origine géographique de ces édifices.


Le mot ziggourat apparaît dans les textes au cours du IIIe millénaire av. J.-C. et désigne une tour à étages rectangulaires. Les trois plus anciennes ont été construites par le roi sumérien Ur-Nammu vers 2 100 av. J.-C. La mieux conservée et restaurée a été mise au jour dans les années 1920 à Ur, dans le pays de Sumer. Elle toujours là, grande et majestueuse… malgré la présence encore récente de l’armée américaine sur place. « C'est la seule clairement désignée comme une ziggourat par sa dédicace », explique Pascal Butterlin, directeur des fouilles de Mari et professeur d'archéologie orientale à l'Université de Versailles St Quentin en Yvelines. Il s'agit d'un imposant édifice en brique crue, qui comprenait au moins deux étages de taille décroissante, voire trois. Dans ses façades alternent des pans de mur en creux et en saillie. La tour de Babel était faite selon la Bible pour monter jusqu’au ciel !


Mais l'équipe de Pascal Butterlin a identifié à Mari, en 2008, une ziggourat sumérienne plus ancienne encore. Cette dernière vient de donner ses premiers résultats. Elle comportait au moins deux étages et présentait le même type de façades que celle d'Ur. En outre, sa tablette de dédicace en bronze la désigne par un terme qui renvoie directement à la tradition des ziggourats : un sahuru. C'est en effet comme cela qu'était nommé le septième et dernier étage de la tour de Babel, où se déroulait un important rituel mésopotamien, le mariage sacré. « À Mari, nous ne savons pas si le terme sahuru, traduit généralement par « vestibule », désigne tout le monument ou seulement une partie, précise Pascal Butterlin. C'est en tout cas la plus ancienne attestation du terme. »


La stratigraphie a démontrée que la ziggourat de Mari a été agrandie à quatre reprises : sa première phase étant datée d'environ 2 600 soit près de 500 ans avant celle d’Ur. Le dernier remaniement, d'après la dédicace, date du règne d'Apil-kin, un roi de Mari contemporain d'Ur-Nammu.


Il reste à comprendre pourquoi cette nouvelle ziggourat est si éloignée de Sumer. Certes, des relations étroites, diplomatiques et économiques, existaient entre Mari et Ur : la fille d'Apil-kin, par exemple, avait été donnée en mariage au fils d'Ur-Nammu. D’autres interrogations portent sur l’origine même de Mari. Ville « typiquement sumérienne » fondée vers 2900 dans les plaines syriennes, Mari doit-elle sa fondation à des colons sumériens cherchant plus d’espaces ? « Mais pour l'instant, il est impossible de dire si Mari est l'initiatrice des ziggourats ou le simple relais, prévient Pascal Butterlin. Du moins tant que les fouilles n'auront pas repris en Irak. »

jeudi 16 septembre 2010

L’identité du roi Arthur enfin révélée ?





Les recherches menées par les historiens et les spécialistes de la légende arthurienne ont retenu deux candidats correspondant probablement au roi légendaire de Bretagne.





Le premier se nomme Ambrosius Aurelius. Il s’agit d’un breton romanisé, ayant vraisemblablement suivi une formation militaire ou ayant effectué un service dans l’armée. Cet inconnu sort de l’anonymat au Ve siècle lors des invasions anglo-saxonnes. A la tête d’une troupe de guerriers, il organise la résistance bretonne.
Quels sont les points communs entre Arthur et Ambrosius ? Tous les deux vivent sur l’île de Bretagne et à la même époque. Ils possèdent chacun un nom romain, qui a de plus une consonance commune. Si Ambrosius a combattu les Saxons pour tenter de ramener l’ordre en Bretagne, Arthur a dû lui aussi combattre l’armée du roi Loth contestant son autorité, avant de rétablir la paix sur l’île. Enfin, il est stipulé dans les chroniques du moine Gildas le Sage qu’Ambrosius combattait avec une grande épée puissante. De là à faire le rapprochement avec Excalibur, il n’y a qu’un pas.
Néanmoins, la correspondance entre les deux hommes s’arrête là et celle ci est discutable. En effet, Ambrosius n’est qu’un chef de guerre ne possédant ni royaume, ni grand pouvoir. Il paraît difficile de voir en travers lui le roi unificateur de l’île. Quant à la grande épée, il s’agit d’une arme courante chez les Celtes. Les légionnaires romains l’ont d’ailleurs adoptée en remplacement de leur épée courte. Celle ci est plus longue, plus tranchante et plus résistante.

Le second candidat apparaît plus probant. Il s’agit de Rigothamus vivant lui aussi au Ve siècle. Ce nom se compose de deux parties. Le terme « rig » signifiant « roi » et « thamus » étant un superlatif, il faut le traduit par « le plus grand roi ». Le suffixe en « us » semble démontrer une romanisation. Rigothamus serait issu de l’élite bretonne. La vie de Rigothamus a été mise par écrit par le moine Jordanès. Les Romains l’appellent en renfort, afin de lutter contre les Wisigoths. Rigothamus a traversé la Manche avec son armée et rejoint les légionnaires. Le fait de pouvoir mettre en place une flotte, démontre qu’il s’agit d’un roi puissant.
Les similitudes avec le roi Arthur ne s’arrêtent pas là. Les deux hommes ont été trahis par une personne très proche et cette trahison a conduit à leur mort. Si Arthur est trahi par Mordrent son neveu, Rigothamus est trahi par son lieutenant. Le roi breton est mené dans une embuscade et est tué. De plus, les deux hommes sont enterrés au même endroit. D’après la légende, Arthur est enterré sur l’île d’Avalon. Il se trouve qu’il existe en Bourgogne près du lieu de l’embuscade, un village nommé Avalon. C’est ici qu’aurait été emmené le corps de Rigothamus.


Alors le roi Arthur est-il Ambrosius ou Rigothamus ? Rien n’est tranché. Il paraît plus probable qu’Arthur soit un personnage de fiction empruntant des éléments dans la réalité comme tous les mythes. Le roi Arthur présent dans le récit de Geoffroy de Monmouth datant du XIIe siècle, emprunte des éléments de la vie d’Ambrosius et de Rigothamus.

samedi 11 septembre 2010

Il y a 2500 ans... Marathon


En cette année 2010, nous commémorons les 2500 ans de la très célèbre bataille de Marathon. Le 12 septembre 490 avant notre ère, les armées athéniennes aidées de troupes venant de la cité de Platée affligeaient une « terrible » défaite aux armées perses du grand Darius. Pour un événement historique exceptionnel, le site de l’histoire ne pouvait passer à côté. A mon sens, il faut redonner à la bataille de Marathon son véritable sens. Aujourd’hui, elle apparaît à travers l’enseignement et la culture populaire ni plus ni moins comme la première grande victoire de la toute jeune culture occidentale, ou si vous préférez l’Europe, contre l’orient des grands rois et des cultures millénaires.

Afin de mieux appréhender l’événement, il faut le remettre dans son contexte et étudier les sources et les récits des deux parties car la principale source que nous ayons est Hérodote. L’empire Perse est à cette période le plus grand empire du monde et s’étend de l’Indus à la Thrace, incorporant la Mésopotamie, l’Egypte, le Levant et l’Anatolie. La Grèce… n’existe pas ! Il s’agit en fait de nombreuses cités, indépendantes les unes les autres, partageant la même culture mais qui ne s’entendent pas. Sparte et Athènes se partageront l’hégémonie du territoire grec jusqu’à l’avènement de la puissance macédonienne de Philippe II (382-336) et d’Alexandre le Grand (356-323).

L’Anatolie, de culture grecque, s’ayant révolté par l’intermédiaire de la cité de Milet contre le pouvoir royal perse, est vite châtiée de sa témérité, mais c’est l’aide apportée aux cités anatoliennes par des cités grecques – dont Athènes – qui choque Darius. Afin de mieux haïr Athènes, le Grand Roi demande à ses serviteurs de lui répéter plusieurs fois par repas « Maître, souviens-toi des Athéniens ».

Après avoir conquis les îles de la mer Egée, Darius lâche ses troupes sur le Grèce qui détruisent plusieurs cités telle Erétrie et l’expédition est un succès. Puis vient Marathon ! Là, nous racontent les sources grecques (Hérodote), les athéniens infligent une terrible défaite aux perses sur la plaine du même nom. L’histoire retiendra l'héroïsation des soldats tombés pendant la bataille, la fuite perse et les courses d’Euclès et Phidippidès qui coururent respectivement 40 et 240 kilomètres, le premier pour prévenir Athènes de la victoire, l’autre prévenir Sparte du débarquement des Perses.

Qu’en pensent les perses ? Là, l’histoire est paradoxale ! Darius n’est en rien abattu par une défaite qu’il considère mineure puisque l’essentiel de l’expédition reste un succès : la domination de la mer Egée.

Le pouvoir historique de la bataille de Marathon – petite bataille – réside plus dans l’avènement de la puissance Athénienne et de la culture grecque dans l’Histoire. Avant l’aide apportée par les athéniens à Milet, Darius ne connaissait pas Athènes !

mardi 7 septembre 2010

David était-il alcoolique ?



L’étoile de David est le symbole du Judaïsme. Son apparition remonte au VIIe siècle avant notre ère. Constituée de deux triangles enchâssés l’un dans l’autre, elle représente les six jours de la semaine. Le septième est symbolisé par le centre. La signification du symbole proviendrait de la prophétie de Balaam : « Un astre issu de Jacob devient chef, un sceptre se lève, issu d’Israël » (Nombres 24, 1-25). Ce texte annonce la venue d’une étoile messianique, qui devait sortir de la maison de David, d’où son nom.

Néanmoins, ce pictogramme est utilisé dans de nombreux autres contextes et revêt une signification bien différente. Ainsi à partir du XVe siècle, l’Etoile de David devient le symbole de la corporation des brasseurs en Europe et plus particulièrement en Alsace et dans la vallée rhénane. Servant au départ à éloigner les esprits malins, elle devint une enseigne signalant une brasserie ou une auberge. On la retrouve également sur les chopes de bière. L’emploi de l’Etoile des brasseurs est employée jusqu’au XIXe siècle.

L’Etoile des Brasseurs est le résultat de l’addition des symboles alchimique des quatre éléments entrant dans la fabrication de la bière.
La Terre est l’élément d’où proviennent les céréales (orge, houblon, riz). Le Feu est l’élément nécessaire à la fermentation. L’Eau permet de rendre soluble l’amidon du malt et l’Air joue un rôle dans la fécondation du moût par les levures. Ces quatre éléments se combinent. Le grain a besoin de la terre, de l’eau et de l’air pour se planter et pousser. La transformation des céréales en bière fait intervenir le feu lors de la cuisson, combiné à l’eau pour le brassage. Ainsi, l’Etoile des brasseurs se con
stitue de la manière suivante :

jeudi 2 septembre 2010

Festin préhistorique.


Des archéologues ont découvert il y a peu des indices de la tenue d'un festin datant d'environ 12 000 ans, soit avant le début de l'agriculture (environ 8000-7000 av notre ère), dans une grotte en Galilée, dans le Nord-Est d'Israël.

Il est certain que l’homme, depuis sa genèse, a bien réalisé des festins d’animaux, mais nous n’en avions pas la preuve sur le terrain. Par festin, nous entendons une réunion d’un certain nombre de personnes qui partagent une grande quantité de denrées alimentaires.

Cette découverte nous amène à faire plusieurs hypothèses assez intéressantes. Nous savons qu’à cette période, l’homme est en cours de sédentarisation mais qu’il est encore nomade, prédateur, cueilleur et qu’il se déplace encore très majoritairement en petits groupes (plusieurs dizaines de personnes tout au plus). Aussi, s’agissait-il d’un même groupe de personnes ou bien la rencontre de plusieurs ? Le festin serait alors un moyen de communion, fêtée par un échange de nourriture en grande quantité – un festin !

Il existe des lieux datant de la fin du paléolithique et du début du néolithique (environ 10 000 – 9000 av. notre ère), où les hommes de différents groupes se retrouvaient délibérément, ce qui donnait lieu à des fêtes similaires. Ces rencontres devenaient alors si importantes qu’elles prirent une tournure religieuse (chamanique ?). Des temples pouvaient même être bâtis (Göbekli Tepe). En effet, outre la nourriture, les hommes devaient s’adonner à des pratiques d’ordre sexuelles dont le but était d’éviter la consanguinité. Un groupe vivant en autarcie était voué à l’extinction au bout de quelques générations. Cette précaution est la preuve que ces groupes de personnes pouvaient avoir une histoire longue de plusieurs centaines d’années et qu’une mémoire et un enseignement traversaient les âges. Hypothèse qui me paraît plausible et passionnante. On passerait du terme générique de groupe à celui de communauté !

Toutefois en archéologie, tout va très vite. La suite de la découverte laisse à penser que la raison de cette « réunion » avait d’autres issues, car, outre les restes d'au moins soixante et onze tortues et de trois autres animaux sauvages - une densité inhabituellement élevée pour cette période - les restes d’une vielle femme ont également été mis au jour. Le trou creusé était donc une sépulture. Les restes, ossements et carapaces, ont été disposés de manière rituelle entourant la vielle femme. Le festin a probablement été l’occasion de funérailles.
35 personnes – au minimum – ont assisté à ce « régal » mortuaire.

Cela ne vous donne pas faim ?