dimanche 28 novembre 2010

La véritable tour de Babel: un mythe biblique ou une réalité archéologique ? Seconde partie

Aujourd'hui nous poursuivons notre enquête ("Historia" en grec) avec l'entremêlement du mythe biblique avec les données archéologiques et historiques en notre possession.

Lorsque le mythe et la réalité se croisent.

La grande ziggurat de Babylone avait pour nom l’Etemenanki, littéralement « la maison, fondement du ciel et de la terre ». Elle est aujourd’hui considérée comme le cadre biblique de la très fameuse tour de Babel. Comme son nom l’indiquait, l’Etemenanki était un lien entre le monde divin et humain. Cette passerelle, à l’échelle d’un dieu, servait à faciliter la descente de Marduk auprès des hommes et vice versa. L’apogée de ce dieu suprême se situait autour des règnes de Nabopolassar et de Nabuchodonosor II, et atteignit un tel degré d’adoration que la religion, en ces temps-là, eut certaines tendances monothéistes. Si ce particularisme de religion ne s’implanta finalement pas, il laissa quelques traces conceptuelles que l’on retrouva par la suite dans le culte de Mithra en Asie Mineure et à Rome, ou bien dans les religions zoroastriennes. Les juifs déportés à Babylone, après la chute de Jérusalem en 597 et la destruction du temple de Yahvé, ont été si fortement inspirés par l’adoration de ce dieu que la théologie hébraïque ainsi que l’écriture même de la Bible en ont été fortement marquées.


Comment l’Etemenanki est devenu la tour de Babel.

Beaucoup de passages de la Bible ont été écrits à Babylone. Soucieux de ne pas perdre leur fondement idéologique, religieux et culturel, les juifs lettrés ont rassemblé ce qui se transmettait le plus souvent par voix orale pour le retranscrire, à l’image des civilisations mésopotamiennes qui, depuis Sumer, compilaient par écrit et archivaient toutes sortes d’œuvres ou de traités (scientifiques et judiciaires). Les écritures de certains passages, comme ceux du Déluge et la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent), sont imprégnées de mythes et de faits historiques mésopotamiens. Ainsi on peut donc dire que Babylone et ses mythes ont servi de modèles littéraires aux écrits de L'Ancien Testament.


Une fois entrées dans Babylone, les populations juives déportées ont été, comme bien d’autres, impressionnées par cette tour cultuelle qui s’élevait majestueusement et tutoyait le ciel. Tout en haut de la ziggurat se trouvait un temple haut, bâti en briques émaillées de bleu, qui scintillaient en reflétant la lumière du soleil, omniprésent dans cette région du globe.


Mais Babylone était aussi et avant tout la capitale d’un grand empire aux dimensions gigantesques. La ville grouillait d’activités et de bruits. Ainsi, se mêlaient voyageurs, marchands et prisonniers qui venaient de tout l’empire et des royaumes voisins. Babylone était le centre où se rencontraient toutes les cultures antiques. L’idée de mélange du langage que l’on retrouve dans l’épisode biblique a pris racine aux pieds de cette tour ziggurat, qui voyait une explosion culturelle et linguistique au cœur de la métropole de Nabuchodonosor II.


Il faut voir dans l’étymologie du nom de la cité de Babylone l’idée de recherche, qu’avaient les babyloniens et plus généralement les civilisations mésopotamiennes, pour atteindre leurs dieux. Le nom de Babylone vient de l’akkadien Bab-ilim qui, lui même, vient du sumérien Kà-dingir-ra et signifient tous deux « Porte du Dieu ». Babylone, telle qu’on l’a nomme aujourd’hui encore, nous provient du grec qui avait traduit le nom akkadien en Babylon. Le nom de Babel, lui, ne vient pas du nom de la cité, mais provient de l’hébreu bâlal qui signifie « confondre », « brouiller ». La tour de Babel symbolisait selon la Bible la vanité et l’arrogance du premier héros Nemrod ainsi que celle des hommes dans son ensemble. Avant la construction de la tour, les hommes parlaient tous la même langue, la même que celle que Dieu avait utilisé pour s’adresser à Adam et Eve. La tour avait pour but insolent pour le texte sacré, à l’instar de la ziggurat, d’atteindre les cieux et ainsi de s’affirmer à l’égal de Dieu lui-même. Nous connaissons tous la fin de cet épisode où Dieu confondit les langues pour mettre fin à leur entreprise démesurée en répandant les hommes sur la terre. Aussi, comme le dit pratiquement en ces termes le texte biblique, on appela cette tour Babel (Bâlal) car c’était là que Dieu confondit les langues.



samedi 27 novembre 2010

La véritable tour de Babel: un mythe biblique ou une réalité archéologique. Première partie


Notre article sur "la tour de Babel" découverte à Mari étant un des plus visité, il était de bon ton de parler de la plus célèbre des ziggourats de Mésopotamie, à savoir celle qui, selon la Bible, a répandu le trouble et le désordre dans la société humaine!


La construction de la tour de Babel est un des épisodes les plus marquants de la Genèse. Là, Dieu confondit le langage des hommes et les dispersa aux quatre coins de la terre. L’histoire de la tour de Babel fait encore débat entre historiens, archéologues et théologiens. Née de l’imagination des populations juives déportées dans la grande Babylone à partir d’un énorme édifice ayant réellement existé, quelle a été la véritable image de la tour de Babel?


L’histoire d’une tour bien réelle.

La tour de Babel, telle qu’elle est nommée dans la Genèse, était en fait un édifice emblématique de la civilisation mésopotamienne, à savoir une ziggourat. A Babylone, cette ziggourat était vouée au culte du dieu Marduk. Construite en étages, l’édifice était fait de briques crues (séchées au soleil) recouvert d’un parement en briques cuites plus résistantes aux aléas du temps. La ziggourat trouve ses origines en Mésopotamie pendant la période des rois de la Troisième Dynasties d’Ur (plus communément appelée Ur III) entre le règne du roi Ur-Nammu vers 2112 av. notre ère et la destruction de cette empire vers 2004. Édifice cultuel, la ziggourat marquait l’orgueil et la puissance d’une cité et de son dieu poliade.


Babylone est une cité que l’on mentionne pour la toute première fois dans les écrits des tablettes du milieu du IIIe millénaire mais qui ne devient réellement une puissance dominatrice que sous le règne du puissant conquérant et législateur Hammurabi (1792-1750). Marduk devenait ainsi le dieu le plus haut dans la hiérarchie du panthéon mésopotamien dès lors que sa ville dominait toute la Mésopotamie. Le sanctuaire du dieu à Babylone date probablement de cette période, car l’archéologie a révélé que le souverain avait été l’investigateur de plusieurs chantiers colossaux, comme des constructions de ziggourats, dont on retrouve des traces dans certaines cités, à Kish notamment, appartenant à son grand empire. Il faudra attendre le règne plus tardif, mais au combien tout aussi riche, du roi Nabuchodonosor II (vers 630-562 av. notre ère) pour que la ziggourat de la ville atteigne ses lettres de noblesses et qu’elle ne passe à la postérité par les écrits bibliques.


Archéologie de la ziggourat de Babylone.

Lorsque les premières fouilles furent menées par une mission allemande, celle de Robert Koldewey sur le site supposé de Babylone au début du XXe siècle, les archéologues espéraient découvrir de grandes richesses enfouies et plus particulièrement les jardins suspendus, une des sept merveilles du monde antique, ainsi que la tour de Babel décrite dans la Bible. Les excavations ne permirent pas de découvrir les mythiques jardins ou le moindre édifice qui eut ressemblé à la tour de Babel, mais assurèrent de bien belles découvertes, comme la porte d’Ishtar et les monstrueuses murailles de la ville qui avaient émerveillé Hérodote.


Cependant, la recherche de la tour de Babel ne resta pas infructueuse. Les fouilleurs dégagèrent les traces imprimées dans le sol d’un très grand édifice de forme carré qui s’avéra être, au fil des recherches, la grande ziggurat du dieu Marduk. De cette imposante structure il ne restait que quelques briques de fondations en sous-sol, mais la trace au sol est tout de même assez remarquable pour que l’on puisse, avec des photos satellites, la voir très distinctement. La tour fut détruite, nous racontent les sources, par Alexandre le Grand, qui ayant fait de Babylone la capitale de son immense empire, voulut la faire reconstruire. Les calculs d’aujourd’hui, réalisés à partir de relevés topographiques, de mesures sur le terrain et d’informations puisées dans les tablettes et autres inscriptions, tendent à définir la ziggourat comme ayant été un édifice carré de 90 m de côté, constitué de 7 étages construits en terrasses, ce qui portait l’édifice à une hauteur comprise entre 66 et 90m. Les dimensions cyclopéennes de la ziggourat la rendaient visible à des kilomètres de la cité et devaient émerveiller et impressionner les visiteurs ainsi que les étrangers qui se rendaient à Babylone.

mardi 23 novembre 2010

Memnon de Rhodes, celui qui défia Alexandre le Grand. Quatrième partie

Le résistant :


Comprenant qu’il ne pouvait absolument rien face à l’avancée furieuse de l’armée macédonienne en Asie, Memnon se retranche derrière les épaisses murailles de la cité côtière d’Halicarnasse. Se pensant en sécurité, après que les autorités de la cité lui eurent annoncé qu’Halicarnasse ne capitulerai pas, Memnon prépare l’impossible riposte. En général, il réorganise les défenses, fait consolider les murs de la ville, modernise la citadelle qui donne sur la mer et harangue les défenseurs de la cité.


- « Rien n’est bon avec Alexandre ! Il anéantira votre cité et vous avec ! »


Ses discours sont approuvés par les cris des soldats qui croient en la victoire.


- « Le Grand Roi, notre maître, prépare une armée qui détruira les macédoniens, et alors vous aurez acquis la gloire d’avoir résisté au plus terrible fléau de ce monde ! »


Rien n’est moins sûr. Alexandre est aux portes de la ville et Memnon n’a aucune nouvelle du Grand Roi qui est confortablement installé sur son trône à Persépolis. Pour ce dernier, Alexandre est encore trop loin et son armée est trop peu nombreuse pour l’inquiéter. Il est vrai qu’en quelques semaines, Darius III, peut réunir dit-on, des centaines de milliers de soldats qui viennent de quatre coins de son immense empire.


Memnon doit faire avec. Souvent il pense à son épouse Barsine et à sa fille, qui fuient quelque part en Anatolie (Turquie actuelle) en compagnie d’autres femmes de généraux Perses. Inquiet intérieurement, il ne laisse rien transparaitre, en bon général pour donner confiance à ses soldats. Prudent, il ordonne de construire une flotte de secours au cas où…


Alexandre donne l’assaut ! C’est bien trop tôt car la cité est loin d’être en mesure de repousser les terribles phalangistes macédoniens. Une brèche se fait dans la muraille par laquelle l’armée ennemie s’engouffre comme des fourmis entrant dans un terrier ! La pauvre garde mal-entraînée de la ville est détruite et Memnon doit se retrancher dans la citadelle avec le reste de ses contingents Perses et Grecs. Maudissant Alexandre, Memnon, du haut d’une tour de la citadelle, se tourne vers la mer - sa seule issue – et prenant à témoin les dieux, jure de contre-attaquer.

William Quantrill

William Clarke Quantrill est né en 1837 à Dover dans l’Ohio. Il est le fils de Thomas et Caroline Quantrill. Comme son père, il devient instituteur dans sa ville natale, puis dans l’Illinois et l’Indiana avant de s’installer dans l’Utah, où il apprend le poker. Il devient joueur professionnel, ce qui lui octroie une rémunération plus importante que l’enseignement. En 1959, il déménage à Lawrence dans le Kansas. Tout en exerçant son métier d’instituteur et de cuisinier pour une compagnie des chemins de fer, il continue le poker. En 1861, accusé de meurtre et de vol de chevaux, il doit quitter précipitamment la ville.


Lorsque débute la Guerre de Sécession, William Quantrill s’engage dans l’armée confédérée. Ne supportant pas la discipline militaire et faisant preuve d’un esprit d’indépendance, il n’y reste que quelques mois. Par la suite, il rejoint un groupe de partisans esclavagistes. Rapidement, il s’impose comme leur chef et recrute des hommes. Il appelle sa troupe les Quantrill’s raiders harcelant les soldats de l’Union. Pour ses services, il reçoit le grade de capitaine. Mais très vite, les choses dégénèrent. La bande sème le chaos dans les Etats du Kansas et du Missouri, pillant, volant et tuant tous ceux s’opposant à eux, tant civils que militaires. Quantrill s’entoure de criminels et les considère comme ses lieutenants. On peut citer les frères James (Jesse et Franck), Cole Younger et William Anderson qui scalpe ses victimes. En avril 1862, les Etats unionistes les déclarent hors la loi et leurs têtes sont mises à prix.
En août 1863, le général Thomas Ewing se rend à Lawrence et fait arrêter les épouses et les sœurs des membres de la bande de Quantrill. Ces dernières approvisionnaient les pillards en armes, munitions et vivres. Décidé à se venger des habitants l’ayant chassé en 1861, Quantrill rassemble 450 hommes et attaque la ville. Dans la nuit du 20 au 21 août 1863, la bande de Quantrill massacre les deux pelotons des soldats de l’Union postés dans la ville, fait plus de 150 victimes civiles, et incendie la moitié de la ville. A la suite de ce massacre, le général Ewing ordonne l’évacuation des quatre comtés du Missouri limitrophes au Kansas, ce qui comprend dix mille personnes.
Traqué, Quantrill se réfugie au Texas. Il continue de piller les villes, alors qu’ils se trouvent dans les Etats esclavagistes. Le gouvernement confédéré lui retire la reconnaissance officielle de la qualité de combattant. Il est contesté par certains de ses lieutenants. Franck James, Cole Younger et William Anderson le quittent et retournent au Kansas avec plusieurs hommes. Le général nordiste McCulloch finit par l’arrêter, mais Quantrill parvient à s’échapper. Avec la douzaine d’hommes lui restant, il remonte vers le Nord.



Après la guerre, il fomente le projet d’assassiner Abraham Lincoln. Arrivé au Kentucky, il apprend la mort du président. Le 10 mai 1865, il est surpris par l’armée dans une ferme proche de Louisville. Quantrill blessé, est fait prisonnier. La balle logée dans sa colonne vertébrale, le paralyse. Il meurt en prison le 6 juin 1865. A sa mort, il lègue sa fortune obtenue illégalement à sa maîtresse Kate King. Celle ci ouvre une maison close à Louisville, qui connaît un vif succès.


William Quantrill est le plus tristement célèbre chef des bandes de franc tireur, de la Guerre de Sécession. Il montre à quel point, cette guerre oppose davantage des peuples que des armées régulières. Dans le Nord, des milices civiles voient le jour prêtant main forte à l’armée. Dans le Missouri les Jayhawkers dirigés par le sénateur John Lane combattent celle de Quantrill, se livrant aux mêmes massacres contre ceux considérés comme esclavagistes.

mardi 16 novembre 2010

Mary Walker

Mary Edwards Walker est née le 26 novembre 1832 à Oswego dans l’Etat de New York. Son père est médecin et sa mère institutrice. Adolescente, elle poursuit des études de médecine à la prestigieuse école du Collège Médical de Syracuse et obtient son diplôme en 1855. Durant ses études, elle se lie d’amitié avec Amélia Bloomer, laquelle défend le droit pour la femme de porter des pantalons turques, créant une robe particulière appelée la bloomer. Mary Walker portera toujours des vêtements masculins ou la bloomer. Avec son mari et confrère Albert Miller, elle ouvre un cabinet. Le couple bat rapidement de l’aile. Son mari ne supportant pas la façon de s’habiller et les idées féministes de son épouse, la quitte pour une autre.

Au déclenchement de la guerre, elle s’engage dans l’armée de l’Union en tant qu’infirmière, ne pouvant accéder à un autre statut à cause de son sexe. Elle fait ses preuves comme chirurgien notamment lors de la bataille de Bull Run. En 1863, elle est nommée chirurgien assistant dans l’armée du Cumberland, devenant ainsi l’unique femme chirurgien dans l’armée américaine. Mary Walker traverse fréquemment les lignes de combat pour soigner les civils et les militaires tant du Nord que du Sud. Agissant de la sorte, certains officiers la soupçonnent d’être une espionne. Le 10 avril 1863, elle est capturée par les Confédérées et emprisonnée à Richmond. Quatre mois plus tard, elle est libérée lors d’un échange de prisonnier. Elle rejoint ensuite l’armée de Sherman, lors de la bataille d’Atlanta. Elle supervise une prison pour femme à Louisville, puis un orphelinat dans le Tennessee.
Le 11 novembre 1865, le président Andrew Johnson, sous les recommandations des généraux Sherman et Thomas, lui décerne la Médaille d’Honneur, devenant la première femme à la recevoir.

Après la guerre, elle devient écrivain, conférencière et apporte son soutien au développement des services médicaux. Elle rédige deux ouvrages sur les droits des femmes et rejoint le mouvement des suffragettes. Elle défend l’idée selon laquelle les femmes possédaient déjà le droit de vote et que le Congrès doit simplement appliquer ce droit en promulguant une loi. Les suffragettes travaillent à la rédaction d’un nouvel amendement constitutionnel, portant sur ce sujet. Mary Walker rencontre l’hostilité d’un certain nombre de membres du mouvement et se désolidarise. Elle lutte également contre le tabac et l’alcool, tout deux cause de dégénérescence de l’être humain.

En 1917, le Congrès modifie les conditions d’obtention de la Médaille d’Honneur. Seuls ceux ayant été impliqué dans un combat direct avec l’ennemi, sont dignes de la recevoir. La médaille de Walker lui est retirée. Refusant de la rendre, elle continue de la porter.

Mary Walker s’éteint le 21 février 1919 et repose au Rural Cemetery d’Oswego. L’année suivante les femmes reçoivent le droit de vote par le XIXe amendement de la Constitution. En 1977, le président Carter lui décerne de nouveau la Médaille d’Honneur.

dimanche 7 novembre 2010

Le Panthéon : une église laïque

En 1744, Louis XV tombe gravement malade à Metz. Dans ses prières, il invoque Sainte Geneviève pour sa guérison. Remis de sa maladie et de retour à Paris, il promet aux chanoines la reconstruction de leur vieille église dédiée à la patronne de Paris. L’architecte Jacques Germain Soufflot est choisi par le roi pour réaliser ce travail. En 1765, il dessine un plan en croix grecque. Il cache les contreforts derrières des terrasses, élève un dôme à 83 mètres au dessus du sol. Ce dernier est entouré à l’extérieur d’une rotonde de 32 colonnes.



Le Panthéon est à l’origine une église consacrée à Sainte Geneviève. Les peintures décorant les murs rapportent la vie de cette femme, réconfortant et guidant les Parisiens, lors du siège de la ville par Attila. Cette dimension religieuse est renforcée par le déroulement de la vie de deux autres saints : Saint Louis et Jeanne d’Arc. Deux personnalités revêtant une grande importance pour la France monarchique.

La Révolution désirant marquer l’existence d’une nouvelle ère, détourne le Panthéon de sa fonction première. L’édifice est désormais destiné à recevoir les cendres des grands hommes à dater de l’époque de la liberté, c'est-à-dire à partir de 1789. Le choix de ces hommes est laissé au corps législatif. L’article deux du règlement stipule qu’aucun membre de ce corps ne peut faire une demande d’intronisation pour lui ou l’un de ses confrères.
Le choix des personnes intronisées au Panthéon varie en fonction des projets politiques des régimes successifs. La Ière République la décerne pour ceux ayant sacrifié leur vie à la défense de la patrie. Napoléon Ier souhaite conforter son régime en l’inscrivant dans la continuité de la révolution. Il intronise les grands fonctionnaires de l’Etat, qu’ils soient civils, militaires ou religieux. La IIIe République, se définissant comme la république du sacrifice et du talent diversifie l’origine des personnes enterrées. Le Panthéon sert à marquer en permanence la reconnaissance de la nation pour tout citoyen ayant mérité de la patrie, par sa vie, son œuvre ou sa mort. Ainsi outre des militaires, des écrivains (Hugo, Zola, Dumas), des scientifiques (Pierre et Marie Curie), des hommes politiques (Jaurès, Carnot) et des intellectuels (Louis Braille) y sont enterrés. Plus récemment, l’intronisation de Jean Monnet sous la présidence de François Mitterrand, symbolise l’implication de la France comme moteur de la construction européenne.

Le visiteur peut contempler les 68 tombes présentes dans la crypte du Panthéon réparties en différents caveaux. Les tombes sont d’une grande sobriété et ne dénotent que par les fleurs qui peuvent y être déposées. Néanmoins, les tombes de Voltaire et de Rousseau présentent une exception. Tout d’abord, elles se différencient par leur structure et leur riche décoration. Ensuite, avec Descartes, il s’agit des seules personnes dont l’œuvre se situe avant la Révolution.
Outre les tombes des grands hommes de la Nation, le visiteur peut admirer le pendule de Léon Foucault réalisé en mars 1851. Selon un principe simple ayant un rapport avec la force de Coriolis, il est possible de contempler la rotation de la Terre.






Le Panthéon est un monument ambigu, dans lequel se mêlent ferveur républicaine et religieuse. La sculpture représentant la Convention nationale se situant en dessous de l’image du Christ et de la Vierge illustre cette ambigüité. Le bâtiment sert à la fois de lieu de mémoire pour la Nation française, mais aussi de recueillement et de mausolée.

vendredi 5 novembre 2010

La légende du Roi Scorpion

Pharaon légendaire ? Premier grand roi à avoir réuni les deux Egypte sous son autorité ? Le roi Scorpion, plus qu’une légende, est un fantasme préhistorique car il s’agit là d’un homme qui aurait vécu il y a plus de 5000 ans. Ce « fantasme » a une part de vérité puisque les fouilles archéologiques de la nécropole royale d’Abydos ont révélé la tombe d’un homme roi - le corps n’existant plus – dont le mobilier funéraire révéla aux chercheurs des actes de son règne ainsi qu’un fragment de sceptre « Heka » symbole de royauté.


Car, cela est triste, l’existence de cet homme mythique ne tient qu’à de vagues souvenirs d’actes dépassés, en très mauvais état, et à ce fragment de sceptre.


Alors pourquoi Scorpion ? Tous les autres pharaons ne sont connus que par leur nom de règne. Pas lui ! Son nom – s’il a réellement existé – serait Selk et la période protodynastique semble compter beaucoup d’homonymes. Aussi, la tombe du roi scorpion contenait un serekh – encadré surmonté d’un faucon Horus dans lequel on sculptait le nom du roi – dans lequel était figuré un Horus-scorpion creusant un canal au Nil. Et voilà la légende du fameux roi Scorpion est née !!!


Alors qui est-il ce roi Scorpion et qu’a-t-il fait d’extraordinaire pendant son règne ? Je vous vois déjà imaginer d’énormes constructions, de grandes batailles et le rayonnement de l’Egypte sur le monde antique ! Au diable les préjugés ; voici la réalité : l’Egypte en ce temps n’est pas un royaume mais un amoncèlement de chefferies, de petites royautés en quelque sorte. Selk a semble-t-il soumis un certain nombre de chefs tribaux et aurait régné alors sur un assez large territoire comprenant la Haute-Egypte (c’est-à-dire le sud).


A-t-il soumis toute l’Egypte ; a-t-il envahi la Nubie et contrôlé le commerce jusqu’en Palestine ? Cela paraît improbable. Le roi Scorpion a surtout été le précurseur de la fabuleuse réussite du non moins célèbre Narmer, qui lui, et c’est une certitude, a réuni sous son contrôle la Haute et la Basse-Egypte ! Mais laissons ici le doute afin de laisser une aura mythique à ce roi qui malgré tout par sa lointaine existence nous fera encore rêvé pendant longtemps.