jeudi 22 janvier 2015

Les Jeux d'Olympie

Les Grecs accordent une place prépondérante aux activités physiques. Les fêtes religieuses sont autant d’occasions d’organiser des concours sportifs au sein de la cité. Quatre grandes compétitions panhelléniques sont organisées à Olympie, Delphes, Corinthe et Némée. Comme leur nom l’indique, elles regroupent tous les Grecs. Parmi celles-ci, les Jeux d’Olympie dans le Péloponnèse, sont les plus prestigieuses. Elles sont l’occasion pour ceux qui vivent dans les régions grecques les plus éloignées, telles la Sicile, le Sud de l’Italie, l’Asie mineure ou la Lybie, de renouer des liens avec les autres cités du monde grec. Les Jeux Olympiques se déroulent tous les quatre ans à Olympie, dans le Nord de la Grèce, dans un sanctuaire dédié à Zeus. Les épreuves sportives (athloi en grec qui veut dire exploit) ponctuent les cérémonies religieuses.

Les Jeux se déroulent en quatre parties. Les athlètes concourent par catégorie d’âge : les adultes, les adolescents (de 15 à 17 ans) et les enfants (de 12 à 14 ans). Dans les faits, les limites d’âges sont approximatives. La carrure et la force physique déterminent le plus souvent l’âge de l’athlète. Ils commencent par disputer les épreuves gymniques dans lesquelles ils sont nus. Elles comprennent la course du stade qui couvre la distance d’un stade soit 200m, le double stade (400m) et le dolichos, une longue course de 4.5km. Une course en armes s’ajoute à ces épreuves. A cette occasion, les participants revêtent une armure, des jambières et un casque. Il existe aussi le pentathlon (les cinq épreuves) qui comprend course de stade, lancer de disque, lancer de javelot, saut en longueur et lutte. Les disciplines de combat (boxe, lutte, pancrace) se pratiquent également nu. Le pancrace est particulièrement violent. Il est interdit de crever les yeux, mais tous les autres coups sont autorisés. Les morts ne sont pas rares. Des lutteurs de renommée parviennent à remporter la victoire sans combattre. Viennent ensuite les épreuves hippiques qui comprennent elles-aussi plusieurs catégories selon l’âge et le sexe des montures. Il y a les courses de chars à quatre ou deux chevaux. Il existe aussi une course de chars tirés par des mulets. Toutes ces courses ne sont pas créées en même temps. Les courses de chars sur des chevaux mâles adultes apparaissent au programme des Jeux dès -648, celles des juments adultes en -496 et celles des poulains en -256. La série d’épreuves se clôture par le concours musical de trompette.

Le stade est le seul lieu de compétition encore visible. Datant du –IVe siècle, il mesure 200 mètres de long sur 40 mètres de large. Il s’agit du troisième stade construit. Le terme « stade » est resté pour désigner une mesure et la piste sur laquelle se déroulent les épreuves de course. Un caniveau de pierre avec des petits bassins sert pour l’entretien de la piste. L’hippodrome n’existe plus. Il est pourtant présent sur des plans et des maquettes retrouvés. La tribune des commissaires (hellanodices) se situe dans la partie sud du stade. Un propylon aux colonnes corinthiennes est construit au sanctuaire, qui marque le début du chemin menant au stade.
Deux bâtiments servent pour l’entrainement des athlètes, le gymnase et la palestre (de palè signifiant lutte en grec). Le mot gymnase vient du grec gymnos qui signifie « nu », puisque les athlètes s’exercent nus. Construit au –IIe siècle, il se caractérise par un vaste espace rectangulaire à ciel ouvert bordé de portiques de style dorique longs de 210 mètres. Il sert pour l’entrainement à la course. La palestre est construite autour d’une cour centrale recouverte de sable fin. Le complexe comprend des vestiaires, une salle d’entrainement et une salle dans laquelle les lutteurs s’enduisent le corps d’huile. La palestre d’Olympie date du -IIIe siècle. De forme carrée, elle mesure 66 mètres de long.
Les athlètes et leur famille logent dans des campements temporaires installés tout autour du site. Les fouilles ont cependant révélé deux structures en bâti pouvant servir de logement. Le géographe Pausanias (Périégèse V, 15) mentionne l’existence du Léonidaion. Il s’agit d’un hôtel construit vers -330 au sud de la palestre. Il existe également le Théokoléon, qui abrite les prêtres et les devins.

Les Grecs pensent que les sportifs remportent des victoires grâce à la présence d’un dieu à leur côté, en l’occurrence dans le cas d’Olympie Zeus. Ils reçoivent une couronne végétale, symbole de leur élection divine. Les matériaux choisis varient en fonction de la flore locale et de la divinité honorée. A Olympie, elles sont en olivier ou en chêne. Son caractère périssable rappelle au sportif victorieux que son statut n’est pas définitif. Il devra travailler dur pour le conserver. Contrairement à ce qu’il peut se faire dans d’autres Jeux, aucun bien matériel n’est remis aux vainqueurs. Le prestige de remporter les Jeux d’Olympie se suffit à lui-même.
Après la remise des prix, les couronnés effectuent un tour d’honneur du stade pour saluer et recevoir les acclamations de la foule. Les admirateurs jettent des bandelettes de tissu à leurs favoris. Ces derniers les nouent autour de leurs bras ou de leurs cuisses. Ce geste signifie que ces athlètes sont choisis par les dieux et qu’ils leur sont consacrés. En effet, il est coutume de nouer des bandelettes aux pattes des animaux sacrifiés. De plus, le vainqueur de la course du stade reçoit l’honneur de donner son nom à l’olympiade.
De retour dans leur cité, les vainqueurs se voient octroyer par les autorités publiques des avantages matériels de diverses natures. En règle générale, ils reçoivent une somme d’argent, dont le montant varie en fonction du prestige des Jeux, ceux d’Olympie rapportant le plus. En plus, ils peuvent se voir octroyer une place au premier rang au théâtre, le droit de manger avec les magistrats de la cité. Une victoire aux Jeux est donc bien plus qu’une victoire sportive, c’est aussi un moyen de promotion sociale dans la cité. Les vainqueurs s’enrichissent et obtiennent une reconnaissance publique et politique.
Pour commémorer le souvenir de leur victoire, les athlètes recourent aux services des poètes et des sculpteurs. Les poètes rédigent des odes et des chants qu’ils récitent en public ou en privé de manière régulière et surtout à la date anniversaire de l’exploit. Les sculptures représentent les athlètes au moment où la couronne est posée sur leur tête ou lors du tour d’honneur. Un exemplaire est érigé dans le sanctuaire en offrande à la divinité. La personne se rendant au sanctuaire pouvait se remémorer les exploits de l’athlète.             
Sources
Texte :
- Gwenola COGAN, « Les Concours d’Olympie », in « Le Sanctuaire d’Olympie », Revue d’histoire antique et médiévale, n°40, octobre 2014, pp50-55
- Sophie MONTEL, « Les installations sportives », in « Le Sanctuaire d’Olympie », Revue d’histoire antique et médiévale, n°40, octobre 2014, pp46-49.
Image : http://histoirencours.fr

http://laurent.fillion.pagesperso-orange.fr



Légende
1) Temple de Zeus                              5) Palestre
2) Théokoléon                                    6) Stade
3) Léonidaion                                     7) Hippodrome
4) Gymnase                          

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